L'exposition aux ondes devant l'Assemblée nationale

Un projet de loi est débattu ce jeudi devant l'Assemblée nationale. Soutenu par Europe Écologie Les Verts, le texte vise à mieux surveiller l'exposition aux ondes en informant les citoyens. Il s'agit notamment de mieux encadrer l'implantation d'antennes-relais. Mais le texte n'a plus grand-chose à voir avec le projet initial.

(Maxppp)

La proposition de loi a été déposée
par la député écologiste Laurence Abeille. Une proposition pour inciter à la
sobriété des niveaux d'émission, pour mieux informer et encadrer aussi  l'implantation d'antennes-relais.

Mais le texte qui va passer devant
les députés ne ressemble plus vraiment à l'idée de départ qui était d'abaisser les seuils maximum
d'exposition ou encore de donner plus de possibilités aux maires pour bloquer
l'installation d'antennes-relais.

Pas d'interdiction du wifi dans les maternelles 

L'an dernier, le gouvernement avait
bloqué la proposition parce qu'il ne voulait pas créer d'incertitude juridique
au moment où les opérateurs développaient la 4G. Cette fois, la député
écologiste a dû batailler pour garder une information aux communes sur les
antennes et interdire le wifi dans les crèches. Pas question en revanche de le
faire dans les écoles maternelles comme le souhaitait la député à l'origine.
Difficile en effet de présenter cette mesure au moment où le ministre de l'Éducation
nationale développe un plan école numérique.

"Je reste convaincu qu'on
peut utiliser les tablettes pour les moins de six ans sans être connecté
",
explique Laurence Abeille. Et la député EELV ajoute: "Je sais que l'actuel
gouvernement n'est pas convaincu, j'espère qu'il va l'être. Si jamais le wifi
était autorisé dans les écoles maternelles, il faut qu'il y ait une information
donnée au personnel administratif, aux parents, aux enseignants. Pour les plus
jeunes, il faut vraiment prendre des précautions
".

La déception des associations 

L'interdiction de faire de la
publicité pour des portables visant les enfants de moins 14 ans a été
maintenue, tout comme celle de distribuer des lecteurs mp3 ou encore des
tablettes pour les moins de 6 ans. Enfin une étiquette doit être apposée sur
les téléphones indiquant le débit d'absorption spécifique, c'est-à-dire ce que l'on
reçoit comme ondes quand on l'utilise. L'idée est de faire en sorte que le
consommateur choisisse le débit le plus bas. Des dispositions déjà défendues
dans une précédente loi.

Tout cela ne convainc pas entièrement
les défenseurs du texte initial. Ainsi, le projet de créer des zones blanches
pour les électro-sensibles (ceux que les ondes rendent malades) a été
abandonné.  "Cette loi est une catastrophe ",
explique Philippe Tribaudeau, le président de l'association Une terre pour les
électro hyper-sensibles. "C'est un manque de courage patent et lamentable
de l'ensemble de la classe politique. Il faudra plus d'un siècle à la vitesse
où on fait avancer les choses pour que l'on ait une prise en compte par les
hommes politiques de la problématique des champs électro magnétique sur la santé
publique
", raconte-t-il.