Cet article date de plus de six ans.

Aquilino Morelle estime que son éviction répond à une "logique de purification ethnique"

L'ancien conseiller de François Hollande, qui ne digère pas son départ de l'Elysée ainsi que celui d'Arnaud Montebourg, tire à boulets rouges sur le chef de l'Etat et ses proches, selon "Le Point".

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Aquilino Morelle, le 26 février 2013, dans la cour de l'Elysée (Paris). (JACQUES DEMARTHON / AFP)

"Je suis obligé d'être paranoïaque", confie Aquilino Morelle. L'ancienne plume de François Hollande livre dans Le Point, mercredi 10 septembre, une violente charge contre le chef de l'Etat et ses proches après l'éviction du gouvernement de l'un de ses proches, Arnaud Montebourg

"La logique qui est en œuvre est une logique de purification ethnique" assène-t-il selon le magazine, faisant un parallèle avec le génocide au Rwanda et ses 800 000 morts en 1994. C'est les Hutus et Tutsis. Tout cela est limpide. On a commencé par moi, et maintenant Arnaud. Là, ils ont signé leur crime. C'est d'une pureté !" 

"Ma liquidation par la Tcheka hollandienne"

L'ex-conseiller du président affirme que cette épuration a commencé avec sa "liquidation par la Tcheka hollandienne", une allusion à la police politique créée au début de la révolution russe pour combattre les ennemis du nouveau régime bolchévique. Aquilino Morelle a été débarqué de l'Elysée mi-avril, après des accusations de conflit d'intérêts. Mediapart affirmait qu'il avait collaboré avec un laboratoire pharmaceutique lorsqu'il travaillait à l'Inspection générale des affaires sociales.

Revenant au cas Montebourg, il confie : "Cela faisait des mois et des mois que Hollande rêvait de se débarrasser d'Arnaud. Il se débrouille toujours pour que les autres fassent ce qu'il n'a pas le courage de faire." Il affirme d'ailleurs avoir donné des "consignes" à l'ancien ministre de l'Economie après son éviction du gouvernement : "Ne pas faire trop de vagues."

On "m'a extorqué des pseudos confessions"

Le socialiste dénonce "une chasse à l'homme, un complot" fomenté par "Hollande et ceux qui l'entourent : Jean-Pierre Jouyet et tous les ministres hollandais". "A présent, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils sont entre eux. Mais cela va accélérer leur chute", prophétise-t-il. Seul le Premier ministre Manuel Valls trouve encore grâce à ses yeux. "Jusqu'à preuve du contraire, il reste mon ami", assure-t-il.

Contacté par Europe 1, Aquilino Morelle ne dément pas les propos rapportés par Le Point mais critique la méthode de la journaliste. Elle "voulait me revoir à titre amical et m'a extorqué des pseudos confessions. Elle ne manque pas de fourberie cette jeune femme", réplique-t-il.

Selon la journaliste d'i-Télé Audrey Pulvar, l'ancien conseiller de Hollande dit n'avoir jamais donné d'interview à l'hebdomadaire. "Les propos qui me sont prêtés sont de la responsabilité de Madame Cabana [l'auteure de l'article], assure-t-il. Quand je déciderai de m'exprimer, je le ferai à visage découvert et en assumant mes positions."

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.