L'AFP a interrogé les candidats à la présidentielle sur le nombre de parrainages dont ils disposent

A 4 mois du scrutin, les candidats s'échinent à décrocher des parrainages d'élus. Il en faut 500 pour pouvoir se présenter. Les "petits candidats" peinent dans leur quête et ils s'en plaignent. L'AFP a dressé un état des lieux en cette fin d'année.

Le Conseil constitutionnel à Paris
Le Conseil constitutionnel à Paris (BORIS HORVAT / AFP)

A 4 mois du scrutin, les candidats s'échinent à décrocher des parrainages d'élus. Il en faut 500 pour pouvoir se présenter. Les "petits candidats" peinent dans leur quête et ils s'en plaignent. L'AFP a dressé un état des lieux en cette fin d'année.

"Faites vos jeux, rien ne va plus." L'agence France Presse (AFP) a interrogé les candidats déclarés à l'élection présidentielle sur le niveau des parrainages d'élus dont ils disposent aujourd'hui.

La loi dispose que les candidats doivent obtenir 500 signaures d'élus pour pouvoir effectivement se présenter au premier tour de l'élection.

Comme le rappelle le Conseil constitutionnel "une candidature ne sera retenue que si elle est présentée par au moins 500 citoyens habilités, élus d'au moins trente départements ou collectivités d'outre-mer, sans que plus d'un dixième d'entre eux soient les élus d'un même département ou d'une même collectivité d'outre-mer".

Qui peut donner sa signature ?

Un "citoyen habilité" à accorder son parrainage est un député, un sénateur, un euro-député de nationalité française, un conseiller régional, un représentant de l'Assemblée de Corse, un conseiller général, un conseiller de Paris, un maire, un maire délégué d'une commune associée, un maire d'arrondissement (Lyon et Marseille), un président de communauté urbaine, de communauté d'agglomération ou de communauté de communes.

S'y ajoutent les membres des assemblées propres à l'outre-mer (Polynésie française, Nouvelle-Calédonie, Wallis et Futuna) ainsi que les élus réprésentants les Français à l'étranger.

Chaque "citoyen habilité" ne peut donner sa signature qu'à un(e) seul(e) des candidat(e)s souhaitant se lancer dans la course élyséenne.

La "bombe atomique" de Christine Boutin

Le recensement réalisé par l'agence de presse donne les résultats suivants :

- Nathalie Arthaud (Lutte Ouvrière, LO, trotskiste) : Pas de chiffre. "Nous sommes sereins, optimistes et confiants", a déclaré jeudi 22 décembre la candidate à l'AFP.

- Philippe Poutou (Nouveau parti anticapitaliste, NPA, trotskiste) : "Un peu plus de 300", a déclaré Christine Poupin, porte-parole du NPA, estimant que le parti en est à ses "niveaux habituels" de collecte.

- Jean-Pierre Chevènement (Mouvement républicain et citoyen, MRC, gauche) : "300 parrainages", a indiqué un porte-parole du candidat. La situation est "sous contrôle mais il y aura besoin d'un gros effort", a-t-il ajouté.

- Christine Boutin (Parti chrétien-démocrate, PCD, droite) : "Environ 160", a annoncé la candidate. Elle menace de lâcher une "bombe atomique" sur Nicolas Sarkozy si elle n'obtient pas ses parrainages. Elle fait part de son intention de déposer un recours devant le Conseil constitutionnel début janvier pour demander leur anonymat.

- Corinne Lepage (Cap 21, écologiste) : "Entre 300 et 400", a déclaré la candidate, qui juge cette campagne de collecte "très très dure, beaucoup plus qu'en 2007".

- Hervé Morin (Nouveau centre, NC, centre-droit) : Pas de chiffre. "Je les aurai", a dit le candidat sur France 3, le 18 décembre.

- Dominique de Villepin (République solidaire, RS, droite se réclamant du gaullisme) : Pas de chiffre. Jean-Pierre Grand, président de RS, a affirmé vendredi qu'il y avait "un bon accueil de la part des maires de France". M. de Villepin a adressé une lettre à tous les maires de France.

- Frédéric Nihous (Chasse, Pêche, Nature et Traditions, CPNT) : "185 promesses", selon l'entourage du candidat, interrogé cette semaine. "Nous sommes en avance sur notre tableau de marche".

- Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République, droite souverrainiste) : Plus de 450 promesses. "J'aurai les signatures", a déclaré le candidat jeudi sur I-télé.

- Marine Le Pen (Front national, FN, extrême droite) : Pas de chiffre. Récemment, Steeve Briois, secrétaire général du FN, a affirmé que c'était "pire" qu'en 2007. Le FN a déposé jeudi un recours devant le Conseil d'Etat assorti d'une question prioritaire de constitutionnalité.

- Carl Lang (Union de la droite nationale, extrême droite) : Pas de chiffre. Le candidat a déclaré être "assez satisfait de l'état d'avancement".

Ceux qui ne seront pas à la peine

Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche, FG, gauche de la gauche), Eva Joly (Europe Ecologie-Les Verts, EELV), François Hollande (Parti socialiste, PS, gauche), François Bayrou (Mouvement démocrate, MoDem, centre) devraient obtenir sans difficulté leurs parrainages.

En ce qui concerne Nicolas Sarkozy, qui n'a pas encore déclaré sa candidature, le président sortant se présentera, selon toutes probabilités, sous l'étiquette de l'Union pour un mouvement populaire (UMP, droite).