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John Boehner, 60 ans, élu dans l'Ohio, devrait devenir le nouveau président (speaker) de la Chambre des représentants

Cet adepte des déclarations énergiques, au bronzage impeccable, succédera en janvier à la démocrate Nancy Pelosi, cheville ouvrière du programme législatif de Barack Obama.Son objectif prioritaire, exprimé à l'issue du scrutin, est d'abroger la réforme du système de santé voulue par le président Barack Obama.
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John Boehner, représentant de l'Ohio (AFP)

Cet adepte des déclarations énergiques, au bronzage impeccable, succédera en janvier à la démocrate Nancy Pelosi, cheville ouvrière du programme législatif de Barack Obama.

Son objectif prioritaire, exprimé à l'issue du scrutin, est d'abroger la réforme du système de santé voulue par le président Barack Obama.

"Je crois que le texte sur le système de santé voté par l'actuel Congrès tuera des emplois en Amérique, ruinera le meilleur système de santé au monde et mettra en faillite notre pays", a déclaré l'élu de l'Ohio lors d'une conférence de presse.

"Cela signifie que nous ferons tout ce que nous pourrons pour abroger ce texte et le remplacer par des réformes de bon sens visant à faire baisser le coût des soins de santé".

La première phrase de la biographie de John Boehner sur son site internet annonce la couleur: il "veut un Etat plus réduit et plus responsable". La seconde phrase est tout aussi explicite: l'élu se dit "le défenseur infatigable de la liberté et de la sécurité". Il s'en prend également aux "gâchis" et défend les "petites entreprises".

"Nous espérons que le président Obama va désormais respecter la volonté du peuple, changer de direction et s'engager à faire les changements que [les Américains, NDLR] demandent", a-t-il déclaré mardi au soir de sa victoire, les larmes aux yeux et la voix brisée par l'émotion en évoquant ses origines modestes.

Boehner a dénoncé la politique "tueuse d'emplois" des démocrates
Ex-dirigeant d'une PME, John Boehner, élu pour la première fois en 1990 au Congrès, ne cesse, depuis l'arrivée de Barack Obama à la Maison blanche en 2008, de dénoncer la politique "tueuse d'emplois" des démocrates. Opposant acharné à la politique présidentielle, il s'en est pris au déficit budgétaire de Washington, qu'il met sur le compte de l'étatisation de l'économie. "Votre gouvernement est hors de contrôle. Devez-vous l'accepter ? Bien sûr que non. C'est à cela que servent les élections", lançait-il récemment à ses partisans dans son Etat de l'Ohio (nord).

Cible privilégiée des démocrates depuis plusieurs semaines, le futur "speaker" a souvent été critiqué pour ses déclarations énergiques. Lors du débat sur la réforme de la régulation financière, il avait estimé que le texte revenait à "tuer une fourmi avec une arme nucléaire". "Où sont les emplois?", a-t-il martelé aux quatre coins des Etats-Unis pendant la campagne.

Il revendique une capacité à dépasser les lignes partisanes
Lui aime revendiquer sa capacité à dépasser les lignes partisanes pour faire avancer les dossiers". Il évoque ainsi avec fierté l'accord bipartisan dont il fut l'architecte en 2001 pour faire adopter un projet de loi améliorant le système scolaire, intitulé "No Child Left Behind" ("Aucun enfant laissé à l'écart").

Le futur président de la Chambre des représentants est un législateur rompu aux jeux parlementaires et un politicien coriace. Aux dires de ceux qui le connaissent, il n'entre toutefois pas dans la catégorie des grands tribuns. "Même si Boehner est un gars bien, il n'est pas particulièrement exaltant", confirme ainsi un analyste des travaux du Congrès...

Marié depuis 35 ans, père de deux enfants, John Boehner s'est attiré les sarcasmes des démocrates en raison de son bronzage permanent. Barack Obama lui-même a usé de cette plaisanterie en l'appelant "un homme de couleur". Ce grand amateur de golf, John Boehner a rétorqué que ce teint lui venait de la pratique de ce sport de plein air, ainsi que la pratique du VTT...

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