Vidéo Millefeuille administratif, gestion "très verticale", "secret Défense" inapproprié… la stratégie française face au Covid-19 est-elle la bonne ?

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Complément d'enquête. Millefeuille administratif, gestion "très verticale", "secret défense" inapproprié… la stratégie française est-elle la bonne ?
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Tous les Français volontaires vaccinés contre le Covid-19 avant la fin de l’été ? Le président de la République l’a promis, le ministre de la Santé l'affirme... et le président du Conseil scientifique juge le pari intenable. Des déclarations contradictoires qui ajoutent à la confusion générale. Pour "Complément d’enquête", le sénateur Bernard Jomier donne son analyse de la gestion française de la crise sanitaire.

Quand, en janvier 2021, le ministre de la Santé affirme que la France est "en mesure de vacciner la totalité de la population d'ici à la fin août", il est contredit quelques jours plus tard par le président du Conseil scientifique : "Je pense que nous n'aurons pas vacciné l'ensemble des Français pour l'été", conteste Jean-François Delfraissy. 

Qu'est-ce qui dysfonctionne dans la gestion française de la crise du coronavirus ? Tout d'abord, selon le sénateur Bernard Jomier, interrogé par "Complément d'enquête" : le millefeuille administratif, cet empilement d'instances qui aurait "freiné la prise de décisions".

"La multiplication de ces comités a créé une forme de désordre dans le pilotage de la crise"

De Santé publique France au Conseil scientifique sur la stratégie vaccinale, en passant par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (l'ANSES)... sans oublier le petit dernier, le Comité citoyen pour le vaccin : en France, ce ne sont pas moins de dix instances qui interviennent dans la gestion de la crise sanitaire.

"Ça fait beaucoup, juge le sénateur à la fin de son énumération. La multiplication de ces comités venant se superposer aux agences a créé une forme de désordre dans le pilotage de la crise, qui est à l'origine, très certainement, de beaucoup de perte de temps et de beaucoup d'hésitations."

"Une épidémie, ça n'est pas une guerre", "On ne mobilise pas par le secret"

En cause également, pour Bernard Jomier, le fait "que ce soit un Conseil de défense et de sécurité nationale qui pilote la lutte contre une épidémie". Emmanuel Macron le réunit parfois plusieurs fois par semaine à l'Elysée, et toutes les discussions y sont "secret Défense".

"Ça dit quelque chose, estime le sénateur. Ça dit qu'on est dans une gestion qui est très verticale, très centralisée, que les décisions sont prises en secret. Or, une épidémie, ça n'est pas une guerre. (...) Une épidémie, ça frappe toute une société, et donc c'est toute cette société qu'il faut mobiliser. Et on ne mobilise pas par le secret."

Et de conclure : "Sur la question vaccinale, globalement, au début, c'est la même chose qui a été faite : 'Nous, l'Etat central, on sait tout, on décide de tout, et laissez-nous faire.' C'est une erreur."

Extrait de "Tous vaccinés cet été ?", un reportage à voir dans "Complément d'enquête" le 4 mars 2021.

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