Le Haut Conseil des finances publiques dénonce un budget 2022 incomplet, qui l'empêche de rendre un avis "pleinement éclairé"

Des "mesures d'ampleur" prévues par le gouvernement n'ont pas été intégrées au document transmis à l'instance indépendante.

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Le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, présente le projet de loi de finances 2022, le 22 septembre 2021 à Paris. (THOMAS SAMSON / AFP)

Le dernier budget du quinquennat d'Emmanuel Macron est au cœur de toutes les attentions. Le Haut Conseil des finances publiques (HCFP) a fustigé, mercredi 22 septembre, le projet de budget 2022 du gouvernement, se disant incapable de rendre un avis "pleinement éclairé", car des "mesures d'ampleur" prévues par le gouvernement n'ont pas été intégrées au document transmis à cette instance indépendante chargée d'évaluer la crédibilité des prévisions budgétaires du gouvernement.

"Le Haut Conseil regrette ces conditions de saisine", indique-t-il dans son avis (PDF), ajoutant qu'il "n'est pas à ce stade en mesure de se prononcer sur la plausibilité de la prévision de déficit pour 2022 (-4,8 points de PIB)". C'est la première fois depuis 2016, et le dernier budget du quinquennat de François Hollande, que le HCFP est aussi sévère avec un projet de loi de finances.

Une prévision de croissance "prudente"

Le projet de texte que le gouvernement doit adopter en Conseil des ministres mercredi n'inclut pas en effet le plan d'investissement et le revenu d'engagement pour les jeunes, sur lesquels travaille encore l'exécutif, et qui devraient représenter plusieurs milliards d'euros de dépenses supplémentaires. "Si, comme il est vraisemblable, le scénario macroéconomique et de finances publiques était modifié pour prendre en compte ces mesures, une nouvelle saisine du Haut Conseil par le gouvernement serait alors nécessaire", prévient le HCFP.

Sur le front des recettes, l'organe indépendant juge "prudente" la prévision de croissance du gouvernement de 6% pour 2021, ce qui laisse présager davantage de rentrées si l'économie fait mieux. Il estime par ailleurs "plausible" la prévision de 4% de croissance pour 2022.

A ce stade, le gouvernement prévoit une baisse de l'ensemble des dépenses de l'Etat de 34,5 milliards d'euros (-7,9%) du fait de la diminution des dépenses de soutien d'urgence et de relance. Mais les dépenses dites "pilotables", qui correspondent aux actions des ministères, augmenteront, elles, de près de 12 milliards d'euros.

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