"J'ai eu une conversation de femme à homme" avec Gérald Darmanin, assure Elisabeth Moreno, qui s'engage sur les féminicides

Dans une interview au "Parisien", la nouvelle ministre déléguée à l'Egalité femmes-hommes revient sur l'accusation de viol à l'encontre de son collègue de l'Intérieur, ainsi que sur les moyens dont elle va disposer et le congé paternité.

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La nouvelle ministre déléguée à l'Egalité femmes-hommes, Elisabeth Moreno, lors de sa prise de fonction, à Paris, le 7 juillet 2020. (ELKO HIRSCH / HANS LUCAS / AFP)

"Je lui ai dit : 'Il faut qu'on se parle là parce qu'on est dans la même équipe. Ton sujet va être un boulet à porter pour moi, il faut que tu m'expliques ce qui s'est passé.'" Dans une interview au Parisien, mise en ligne samedi 18 juillet, la nouvelle ministre déléguée à l'Egalité femmes-hommes, Elisabeth Moreno, explique avoir eu avec son collègue de l'Intérieur, Gérald Darmanin, "une conversation de femme à homme"à propos de la plainte pour viol dont il fait l'objet.

Elle assure que ce qu'il lui "a dit [la] porte à le croire". Mais, ajoute-t-elle, "je me mets aussi du côté des personnes dont j'ai la responsabilité, en l'occurrence les femmes, et si jamais il m'a menti j'en tirerai toutes les conséquences"Elisabeth Moreno estime aussi que "la France est un Etat de droit et que nous pouvons lui laisser le bénéfice du doute. S'il est reconnu coupable, là, on en reparlera".

"Dans 600 jours, on aura réduit le nombre de femmes victimes"

La ministre fraîchement nommée s'engage à faire baisser le nombre de féminicides en France. "S'il y a une chose que je laisserai de mon passage au gouvernement, ce sera celui-là. Dans 600 jours, on aura réduit le nombre de femmes victimes", promet Elisabeth Moreno, qui dit ne pas être "là pour briller". "Ce que je veux, c'est que les féminicides passent de 170 actuellement identifiés à 10 par an. Alors, je pourrai mourir tranquille", affirme-t-elle.

"Ma responsabilité est de faire en sorte que des victimes de violences se sentent libres de dire 'je suis violentée'. J'ai récemment attrapé notre ami garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti pour lui dire : 'Je vais être un gros caillou dans ta chaussure. Pas une victime ne doit s'interdire ces démarches et il va falloir suivre'", poursuit-elle.

"A fond" pour rallonger le congé paternité

De quel budget disposera-t-elle ? "Je peux vous affirmer que je sais négocier", avance Elisabeth Moreno, appelée au gouvernement alors qu'elle était dirigeante de Hewlett-Packard pour l'Afrique. "J'avais prévenu le président et le Premier ministre : je ne viens dans ce gouvernement qu'à la condition d'avoir les moyens d'atteindre mes objectifs et ils se sont tous les deux engagés à le faire", ajoute la ministre déléguée, qui assure ne pas être "venue faire de la poterie".

Enfin, Elisabeth Moreno se dit "à fond pour" rallonger le congé paternité de 11 jours à un mois : "Ce serait une vraie révolution. Il faut que l'homme et la femme partagent les mêmes charges à la maison."

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