Fermeture de Bridgestone à Béthune : le gouvernement doit faire pression en "interpellant les autorités japonaises directement"

Le secrétaire national du PCF Fabien Roussel demande au gouvernement d'agir, alors que les salariés de Bridgestone sont appelés à manifester ce dimanche matin à Béthune contre la fermeture programmée de leur usine.

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Le secrétaire national du PCF Fabien Roussel à Paris le 12 mars 2020 (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

La mobilisation des employés de Bridgestone ne faiblit pas, alors qu'une première réunion de négociation autour du PSE doit se tenir mardi. Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français (PCF) et député de la 20e circonscription du Nord, appelle le gouvernement, sur franceinfo, à faire pression "en interpellant les autorités japonaises directement".

"On ne peut pas se satisfaire d'entendre le président de la République parler de souveraineté, de relocalisation d'industries en faisant des beaux discours là dessus et derrière, ne pas mettre les moyens qu'il faut pour maintenir nos usines ici", plaide le député du Nord. "C'est une discussion politique qu'il doit y avoir avec les autorités japonaises. Le gouvernement a des moyens pour faire pression sur Bridgestone en interpellant les autorités japonaises directement. C'est de cette manière que les Italiens ont réussi empêcher la fermeture de leur usine de Bari, les autorités italiennes avaient négocié avec les autorités nippones pour faire pression sur l'actionnaire japonais."

"Logique industrielle mortifère"

Pour Fabien Roussel, la direction de Bridgestone est responsable de la situation du site de Béthune. "La direction de Bridgestone Europe reste sur son idée de fermer cette entreprise après avoir investi ces dernières années des centaines de millions d'euros dans ses usines en Hongrie et en Pologne pour augmenter la capacité de production. C'est leur logique industrielle à eux, elle est mortifère pour l'emploi en France", martèle l'élu du Nord, originaire de Béthune.

"Ce sont eux qui organisent la concurrence déloyale entre les salariés de leur propre entreprise et qui mettent en difficulté le site français. J'ai même appris que Bridgestone produisait des pneus en Chine, qu'il importait en France. Michelin fait la même chose, Continental a fait la même chose, en dénonçant la concurrence des pays étrangers, mais c'est leurs propres pneus qu'ils produisent à l'étranger qu'ils font ensuite venir en France après avoir fermé des entreprises en France."

La concurrence asiatique est organisée par les mêmes groupes qui aujourd'hui ferment des usines chez nous.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF

à franceinfo

"Il y a un seul scénario qui m'intéresse, c'est de produire en France ce dont nous avons besoin en France", continue Fabien Roussel. "En France, on produit des voitures, on achète des voitures et les voitures ne vont pas rouler avec des pneus en bois demain. On va avoir besoin de pneus et autant les produire en France." Le député appelle à tenir compte du coût social et environnemental, en cas de délocalisation. Parce que non seulement il va y avoir de la casse sur l'emploi avec les 1 000 emplois menacés, mais aussi des emplois indirects qu'il y a sur le site, mais il y a aussi la casse climatique quand les pneus vont venir demain par camion dans notre pays, qui va prendre en compte le coût environnemental. C'est ces coûts-là qu'il faut mettre sur la table."

Sur les négociations entre représentants des salariés et direction, autour du Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), Fabien Roussel estime qu' "elles ne portent en fait que sur le plan de licenciements, sur la liquidation de l'entreprise. Elles ont lieu, les salariés y vont, mais ce n'est pas là-dessus que l'on doit discuter et négocier aujourd'hui. Aujourd'hui, la discussion doit porter sur le maintien de l'entreprise et des pneus qui pourraient être produits là, les investissements qui devraient y être nécessaires pour continuer de produire dans cette entreprise."

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