Mort de Jacques Chirac : un bon président pour huit personnes sur dix, les deux tiers des Français se disent attristés

Selon un premier sondage Odoxa-Dentsu Consulting réalisé pour franceinfo après la mort de Jacques Chirac, huit personnes sur dix estiment qu'il était un bon président de la République. Une majorité des Français le trouvait sympathique, proche des gens et incarnant bien la France.

L\'ancien président Jacques Chirac salue la foule en montant dans son avion, le 31 août 2004, à Sotchi (Russie). 
L'ancien président Jacques Chirac salue la foule en montant dans son avion, le 31 août 2004, à Sotchi (Russie).  (VLADIMIR RODIONOV / SPUTNIK / AFP)

Les deux tiers des Français (67%) se disent attristés par la mort de Jacques Chirac. C'est ce qui ressort du sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo publié jeudi 26 septembre 2019 au soir.

L'annonce de la mort de l'ancien président de la République jeudi à l'âge de 86 ans attriste une grande majorité des Français, quelle que soit leur orientation politique. Si elle émeut plus de huit sympathisants Les Républicains sur dix (86%), du côté des Marcheurs, ils sont 78% à se dire tristes, 70% chez les proches du Parti socialiste et 65% pour Europe Écologie Les Verts. Même aux extrêmes, la disparition de l'ancien chef de l'Etat attriste. Plus de la moitié des sympathisants de La France Insoumise (59%) et du Rassemblement national (58%) se disent émus.

Perçu comme sympathique et proche des gens

Ce consensus se retrouve également dans le jugement porté par les Français sur l'ancien président. Près de huit personnes interrogées sur dix (79%) estiment que Jacques Chirac a été un bon président de la République. En mai 2015, 63% des Français estimaient déjà qu'il était un bon chef d'Etat.

Là encore, si ce sont les électeurs de LR qui sont le plus élogieux – 93% d'entre eux affirment que Jacques Chirac a été un bon président – les autres sensibilités sont presque sur la même totalité. Huit sympathisants LREM sur dix (80%), les trois quarts des proches du PS, d'EELV ou du RN (75%) et les deux tiers des Insoumis (65%) reconnaissent cette même qualité à l'ancien chef d'Etat.

Pourquoi une telle cote d'amour des Français ? D'abord parce que Jacques Chirac était perçu comme sympathique par neuf Français sur dix (90%), proche des gens (87%) et incarnant bien la France (87%). L'ancien président était aussi vu comme une personnalité charismatique pour 83% des personnes interrogées ou encore dynamique (75%).

De moins en moins de Français pensent à son face-à-face avec Le Pen

Cette cote de popularité de Jacques Chirac auprès des Français s'explique aussi par ses réalisations et les évènements qui ont émaillé ses deux mandats.
Le plus marquant reste son opposition à la guerre en Irak en 2003, pour plus de six personnes interrogées sur dix (63%). En 2015, c'était déjà l'évènement le plus marquant pour les Français, mais ils n'étaient que 44% à exprimer cette idée.

À l'époque, son face-à-face avec Jean-Marie Le Pen, le 21 avril 2002 lors du second tour de l'élection présidentielle, était citée par 42% des Français. Aujourd'hui, cette élection n'est citée que par 30% des personnes interrogées. C'est la fin du service militaire et la professionnalisation de l'armée française qui est le deuxième fait marquant cité par 37% des Français.

Du bon et du moins bon

Un quart des personnes interrogées (25%) cite également la reconnaissance de la responsabilité de l'État français pendant la seconde guerre mondiale comme élément marquant de la présidence de Jacques Chirac. Il y a quatre ans, cet acte fort de l'ancien président n'était cité que par 15% des Français.

Les Français mentionnent aussi d'autres évènements, moins glorieux pour les deux mandats de Jacques Chirac. Ils citent par exemple la dissolution de l'Assemblée nationale en 1997 (24% d'entre eux), la victoire du "non" au référendum sur la constitution européenne (23%), les grèves de 1995 (20%) ou encore le mouvement contre le CPE - contrat première embauche – (8%).

Cette enquête Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo a été réalisée par internet le 26 septembre, sur un échantillon de 996 Français représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.