Mort de Jacques Chirac : "Il y a de la tristesse parce que c'est un compagnon de route que nous perdons", réagit le maire de Tulle

C'est à Tulle, en Corrèze, que Jacques Chirac a été élu la première fois en 1967. Bernard Combes, le maire de la ville, regrette la perte d'un "compagon de route" qui a "fait le job".

Jacques Chirac, lors des voeux du Nouvel An, à Tulle, en Corrèze, le 6 janvier 2017.
Jacques Chirac, lors des voeux du Nouvel An, à Tulle, en Corrèze, le 6 janvier 2017. (PATRICK KOVARIK / AFP)

"Il y a de la tristesse parce que c'est un compagnon de route que nous perdons", a réagi samedi sur franceinfo Bernard Combes, maire socialiste de Tulle (Corrèze), après la disparition de Jacques Chirac jeudi à l'âge de 86 ans. Un week-end d'hommage aura lieu les 5 et 6 octobre en Corrèze, à la demande de la famille précise l'Elysée. C'est là que Jacques Chirac a été élu la première fois en 1967. Jacques et Bernadette Chirac "ont fait le job", d'à la fois "désenclaver, donner de la résonnance à un territoire rural, et puis de le représenter avec fierté", a-t-il ajouté.

franceinfo : Comment est-ce que votre département et votre ville, Tulle, rendent hommage à l'ancien président ?

Bernard Combes : Cela se manifeste de façon très corrézienne, si j'ose dire, avec pudeur. Les Corréziennes et les Corréziens racontent ce qu'ils ont vécu et leurs souvenirs de Jacques Chirac, président Corrézien, mais aussi surtout grand fauve politique depuis près de 50 ans dans notre Corrèze que nous connaissons bien et qui a produit deux présidents. Ils sont à la fois dans le souvenir, dans l'émotion aussi car ils ont des vécus en commun, des anecdotes qu'ils racontent car ils l'ont souvent vu, souvent rencontré. Je pense qu'il y a de la tristesse parce que c'est un compagnon de route que nous perdons. Il y a aussi le respect et l'attachement très fort de ceux qui étaient des compagnons politiques, je pense notamment à tous ces élus qui ont été accompagnés par Jacques Chirac ou qui l'ont accompagné dans sa carrière politique et qui aujourd'hui sont orphelins de lui. Je pense beaucoup à eux, ainsi qu'à sa famille. Et puis, il y a tous ceux qui ont un souvenir plus détaché, qui analysent son action politique avec plus ou moins de sévérité mais souvent avec beaucoup de respect parce qu'il a quand même fait des choses marquantes.

Cet hommage va-t-il au-delà des clivages politiques ?

Oui, cela les dépasse largement, d'abord parce que souvent, en 2002, on a voté pour Jacques Chirac, on était plus de 82% des électeurs à le faire. Evidemment, cela créé un lien particulier. Sa posture politique, celle qui a constitué à combattre de manière extrêmement assidue les thèses du Rassemblement national, a contribué à cet attachement. Il a aussi beaucoup travaillé au désenclavement de la Corrèze, à travers la création des autoroutes A20 et A89, (Bordeaux-Lyon et Paris-Toulouse). Et puis il y a aussi toutes les fondations qu'il a mis en place, liées au handicap, et là il y a beaucoup de solidarité. C'est aussi peut-être quelque chose qui marque les esprits, cette solidarité envers les personnes handicapées.

Sur les nombreuses affaires où son nom était cité, et même condamné, comment est-ce que cela était perçu en Corrèze ?

C'était une pratique condamné et condamnable par les Français et les Corréziens, mais c'était une époque aussi. Il y avait à cette époque ces pratiques-là à tous les étages de la fusée. Moi qui n'ai pas participé à ces périodes et qui vit la politique très différemment, je constate effectivement que les Français ont condamné ses actions, mais finalement, il y a un pardon sur ces aspects-là. Je crois que les gens préfèrent aussi, dans le deuil, retenir l'homme qu'il a été.

Est-ce que l'une de ses principales réussites, c'est d'avoir mis la Corrèze sur la carte de France, voire du monde ?

Oui je pense aussi, d'ailleurs Mme Chirac s'y employait aussi. On a vu l'épouse de Bill Clinton venir chez nous. Ils ont fait le job, si vous voulez, c'est-à-dire à la fois désenclaver, donner de la résonnance à un territoire rural, et puis le représenter avec fierté, puisqu'il y avait leur maison principale, le château de Bity. Un homme politique a besoin d'un territoire auquel il se rattache, parce que c'est sa base en quelque sorte. Et là, il l'a fait !