Présidentielle : ce que les candidats avaient à dire aux maires de France

franceinfo a reçu les candidats à la présidentielle en marge du "grand oral" face à l'Assocaition des maires de France. Ils s'exprimaient face à 800 maires et présidents d'intercommunalités, réunis à la Maison de la Radio, à l'invitation de l'Association des maires de France, en partenariat avec franceinfo.

Micro et décor franceinfo
Micro et décor franceinfo (RADIO FRANCE / JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT)

Les onze candidats à la présidentielle des 23 avril et 7 mai, Nathalie Arthaud, Jean Lassalle, Emmanuel Macron, Nicolas Dupont-Aignan, David Rachline (représentant Marine Le Pen), François Fillon, Benoît Hamon, François Cocq (représentant Jean-Luc Mélenchon), François Asselineau, Philippe Poutou, Jacques Cheminade étaient les invités de franceinfo, mercredi 22 mars, en marge du "grand oral" les confrontant à 800 maires de France, organisé par l’Association des Maires de France (AMF) à la Maison de la Radio. 

Voici l’intégralité de leurs interviews, menées par Jean-François Achili, qui ont été diffusées simultanément sur les antennes radio et télé de franceinfo.

Nathalie Arthaud, candidate de Lutte Ouvrière 

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Devant les maires de France réunis à la Maison de la radio Nathalie Arthaud, en lice pour Lutte ouvrière, a dénoncé "l'arrogance et les mensonges" de la "classe dirigeante". Elle a par ailleurs été appelée à se positionner sur 15 engagements définis par l'AMF dans un manifeste. Mais la candidate n'a pas voulu s'engager sur ce manifeste car elle sait qu'elle ne sera "pas élue".

Jean Lassalle, candidat indépendant

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Jean Lassalle, maire de Lourdios-Ichère, dans les Pyrénées-Atlantiques, s'est livré à un plaidoyer pour les communes. "J'engagerai dès mon élection un grand projet campagnes de France et communes de France, grande cause nationale. Il faut remettre à la mode ces territoires, cet art de vivre. Ce n'est pas vieux, ce n'est pas périmé."

Emmanuel Macron, candidat d'En Marche

Emmanuel Macron, candidat à l'élection présidentielle, a défendu sa mesure visant à exonérer 80% des foyers de la taxe d'habitation. Ce projet est vivement critiqué par les élus locaux, dont une partie a hué l'ancien ministre à l'évocation de la mesure. Il a par ailleurs demandé aux collectivités de "baisser leurs dépenses". Emmanuel Macron affirme aux élus ne pas envisager une "baisse unilatérale des dotations", mais attendre de leur part "une baisse des dépense de fonctionnement", afin d'atteindre, de la part des collectivités locales, dix milliards d'euros d'économie.

Nicolas Dupont-Aignan, candidat de Debout la France

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"Nous sommes en train d'assister à la mort de nos communes", s'est alarmé Nicolas Dupont-Aignan. La candidat de Debout la France a proposé de donner "de l'oxygène aux communes" et de réhabiliter "la commune comme la cellule de l'organisme, comme la cellule de base de la République".

Marine Le Pen (représentée par David Rachline), candidat du Front national

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Marine Le Pen, candidate du Front national, en déplacement à l'étranger, était représentée par David Rachline, son directeur de campagne. Celui-ci assure que la charte de l'Association des maires de France "s'inscrit dans le projet que Marine défend durant cette campagne".  "Nous souhaitons renforcer la commune comme l'échelon majeur de la proximité et comme vous, nous pensons qu'on ne réussira pas la France sans les communes."

François Fillon, candidat Les Républicains

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François Fillon a rappelé devant l'Association des maires de France qu'il souhaitait une baisse des dotations pour réduire la dépense publique. Une baisse qu'il compte couvrir en réduisant l'enveloppe salariale des collectivités "de 8% sur l'ensemble du quinquenat", au terme d'une négociation entre l'Etat et les communes.

Par ailleurs, François Fillon a dénoncé "une machination" et "des fuites organisées par les services de l'État" à l'origine des révélations sur les affaires qui le concernant.

Benoît Hamon, candidat du Parti socialiste

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Benoît Hamon, candidat du PS, s'est engagé devant l'Associaition des maires de France à ce qu'il n'y ait "aucune baisse des dotations aux communes pendant la durée du quinquennat". Il souhaite que faire aboutir "la réforme de la dotation globale de fonctionnement (DGF) pour prendre en compte les ressources de chacun mais aussi la réalité des charges de chaque commune." 

Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France insoumise

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Jean-Luc Mélenchon, candidat à la présidentielle, a choisi François Cocq, élu de Champigny-sur-Marne (94) et porte-parole, pour le représenter devant l'Association des maires de France. "Jean-Luc Mélenchon propose d’abroger la réforme territoriale dans son ensemble et propose de refonder notre organisation territoriale par une assemblée constituante pour la 6e République", a t-il assuré.

"La réforme territoriale a semé une grande pagaille dans notre pays à la fois dans notre cadre d’organisation institutionnelle mais aussi démocratique", a expliqué François Cocq pour Jean-Luc Mélenchon.

François Asselineau, candidat de l'Union populaire républicaine

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François Asselineau a accusé devant l'Association des maires de France l'Union européenne d'être responsable de la réduction des dépenses des collectivités locales en France. "La baisse des dotations va continuer" si la France reste au sein de l'Union européenne selon lui. Il propose donc une sortie de l'UE, qui permettrait selon lui "d'économiser 9 milliards d'euros cash".

Philippe Poutou, candidat du Nouveau parti anticapitaliste

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Philippe Poutou a remercié "l'ensemble des élus qui ont parrainé [sa] candidature". Il propose un "parrainage citoyen" pour s'affranchir d'un système de validation des candidatures à la présidentielle qu'il estime "antidémocratique". Philippe Poutou a également rejeté "la dernière réforme territoriale". "Les intercommunalités éloignent la démocratie", selon lui. 

Jacques Cheminade, candidat pour le parti Solidarité et progrès

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Jacques Cheminade s'est prononcé pour la création d'un "grand service publics di numérique" et pour "l’abrogation de la loi NOTRe [Nouvelle organisation territoriale de la République]". Le candidat a estimé qu'il ne s’agit pas "d’imposer d’en haut des solutions toutes faites mais de travailler avec les collectivités territoriales".