Réforme des intermittents : aucun changement pour la moitié d'entre eux, selon l'Unédic

La nouvelle convention, qui modifie les règles de calcul du différé d'indemnisation chômage, provoque la colère des intermittents. 

Des intermittents du spectacle protestent contre la réforme de leur statut, le 14 juin 2014 à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône).
Des intermittents du spectacle protestent contre la réforme de leur statut, le 14 juin 2014 à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône). (BORIS HORVAT / AFP)

Aucun changement pour "plus de la moitié" des intermittents. Les nouvelles règles de calcul du différé d'indemnisation chômage, qui provoquent la colère des intermittents, ne changeront rien pour la moitié d'entre eux. C'est la conclusion de données publiées dimanche 15 juin par l'Unédic, qui a analysé les conséquences de la réforme voulue par le gouvernement.

Les intermittents représentent actuellement 4% des allocataires de l'assurance-chômage, soit 93 000 personnes, estime l'Unédic. 80% d'entre eux cumulent chaque mois un salaire et une allocation chômage. La nouvelle convention d'assurance-chômage, que les intermittents demandent au gouvernement de ne pas agréer, comporte trois changements.

"Pas de jour différé pour 74% des artistes"

Le premier changement, qui constitue le principal point de mécontentement des intermittents, concerne le différé d'indemnisation, qui repousse le point de départ du versement de l'allocation-chômage. La réforme n'entraîne aucun changement pour les allocataires dont le salaire horaire est inférieur à 16 euros, "soit plus de la moitié" des intermittents du spectacle, selon l'Unedic.

D'après ses simulations, 25% des ouvriers et techniciens du spectacle et 74% des artistes n'auront aucun jour de différé. 44% des ouvriers et techniciens et 85% des artistes auront un différé compris entre 0 et 12 jours.

Plafonnement du cumul entre allocations et salaires

La deuxième modification instaure un plafonnement du cumul entre allocations et salaires. Selon l'Unédic, cette nouvelle règle ne concernera chaque mois que 6% des personnes indemnisées qui atteignent ce plafond (4 381 euros bruts) et verront donc leur indemnisation baisser.

Enfin, la convention prévoit une hausse des cotisations de tous les salariés et employeurs du secteur, qui rapportera 60 millions d'euros de recettes supplémentaires.