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Hollande : les raisons de sa dégringolade dans les sondages

A peine plus de 100 jours de pouvoir et déjà des sondages en berne : moins 11 points en un mois pour Hollande dans le baromètre mensuel Ipsos pour Le Point(*). Le Président recueille désormais davantage d'opinions défavorables (47 %) que favorables (44 %). Ces résultats confirment une tendance enregistrée par plusieurs autres instituts. L'Elysée minimise en incriminant la crise économique mais le chef de l'Etat fait aussi les frais d'un contexte politique dégradé.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
 (Maxppp)

Tous les indicateurs économiques sont dans le rouge.

Avec cette envolée du chômage le mois dernier, le
cap des trois millions de demandeurs d'emploi est presque atteint. Et cela ne
va pas s'arranger. "La fin de cette année sera marquée par
l'augmentation du chômage",
reconnaissait Michel Sapin en marge de l'Université
du PS ce week-end, le ministre du Travail se fixant comme objectif
l'infléchissement de cette tendance au cours de l'année 2013.

2013, nouvelle année de croissance atone, à en croire les prévisions, revues à
la baisse, alors que de nouvelles économies ont été promises à Bruxelles. D'où
une équation budgétaire impossible à tenir.

Les solutions mises en
avant par le gouvernement ne satisfont personne. La droite fustige les "rustines"
des emplois aidés
, ces 150.000 contrats d'avenir promis sur deux ans : une
solution "ringarde et dépassée", dénonce l'UMP.

Quant aux contrats de génération, qui doivent faire l'objet d'une loi au plus
tard début 2013, on se rappelle encore les critiques formulées à l'encontre de
cette proposition phare du candidat Hollande. Des critiques émanant de la
première des socialistes, Martine Aubry : "C'est coûteux et ça ne
marche pas"
.

Pas d'état de grâce au sein de la gauche

Les communistes et le Parti
de gauche clament leur frustration sur le mode : "Les promesses ne
sont pas tenues".
Le gel des prix du carburant, par exemple, va se
transformer en quelques centimes de moins à la pompe. "Cent jours presque
pour rien",
a fustigé Jean-Luc Mélenchon, en guise de rentrée
politique tonitruante
. Mais c'est encore avec les écologistes que l'eau et le
gaz font un drôle de mélange. Sur le traité de discipline budgétaire européen,
sur le nucléaire, sur les gaz de schiste ou encore sur les expulsions des camps
de Roms, les sujets de discorde s'accumulent, et les couacs sont de plus en
plus sonores.

Un style contesté

"Normal ou pépère
?",
se demandait en Une Libération
cet été. De fait, la normalité revendiquée par François Hollande, en rupture
avec le style Sarkozy, était juste après son élection un avantage. Mais elle
pourrait devenir un handicap pour un président qui tente de trouver un juste
équilibre, entre grands rendez-vous internationaux — il sera à Madrid jeudi —
et marques de proximité avec la population — il inaugurera la Foire de Châlons-en-Champagne
vendredi.

Jean-Marc Ayrault, enfin,
est-il taillé pour le costume ? La question, certains la posent ouvertement. Y compris
au sein du gouvernement. La ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, a
fait sensation ce week-end en confiant ses doutes au journal Le Monde . En
bref, il n'y a plus d'hyper-président à l'Elysée, pas question donc d'avoir un
hypo-Premier ministre à Matignon. Une critique à laquelle Jean-Marc Ayrault a
tenté de répondre hier, en affichant sa détermination : "Je suis
un homme d'autorité, mais aussi de dialogue [...] Moi je suis volontariste, moi
je ne me résigne à rien".

()Sondage réalisé par téléphone
les 24 et 25 août auprès d'un échantillon de 965 personnes représentatif de la
population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.*

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