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Hollande et le train : un amour contrarié par les règles de sécurité

Le chef de l'Etat est monté à bord d'un Thalys pour se rendre à Bruxelles, mercredi, au lieu de choisir l'avion. Mais ce moyen de transport présente son lot d'inconvénients. 

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François Hollande arrive à la gare de Bruxelles (Belgique) pour se rendre à un sommet informel des 27 dirigeants de l'Union européenne, le 23 mai 2012. (JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP)

Train ou avion ? A cette question, François Hollande a choisi le premier, mercredi 23 mai, pour se rendre au sommet des 27 membres de la zone euro à Bruxelles (Belgique). Son départ en Thalys, depuis la gare du Nord, a étonné les observateurs et attiré une foule de personnes. Ce choix relance ainsi le débat sur la "présidence normale" voulue par le chef de l'Etat et les contraintes que posent les voyages présidentiels. 

• Le président donne l'exemple

Dans le code de conduite signé par les ministres, le gouvernement est clair : tous devront opter pour le train en cas de voyage "d'une durée inférieure à trois heures". Pour se rendre à Bruxelles, située à moins de 300 km de Paris, François Hollande a donc donné l'exemple en choisissant le Thalys, s'octroyant même un petit bain de foule.

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Le président a voyagé aux côtés de Mariano Rajoy, le chef du gouvernement espagnol, invité à l'Elysée mercredi et lui aussi présent dans le wagon première classe. Tous deux ont devisé "dans un compartiment qui ne leur était pas réservé", détaille le service de presse de la présidence cité par Europe1.fr. Faisant fi des critiques, François Hollande a insisté sur le choix du train pour les trajets présidentiels. "Chaque fois que je pourrai prendre le train, je le ferai", a-t-il déclaré aux journalistes présents sur le quai. 

• La garde rapprochée émet des réserves

Mais les désirs de François Hollande pourraient se voir contrariés par les obligations liées à sa sécurité. Les gardes du corps du président, dont certains ont dû prendre des photos à la demande de badauds, ont ainsi confié leurs réserves à Europe1.fr. "Tout cela, c’est très sympa, mais ce n’est pas très professionnel", a déclaré un policier chargé de la sécurité du chef de l’Etat. Cet avis est partagé par Henri Guaino, l'ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy. Prendre le train, "c'est compliqué pour tout le monde, ce n'est pas très professionnel, pas raisonnable", a-t-il estimé. 

Pour Bruxelles, le départ improvisé n'a pas nécessité de longues heures d'organisation et s'est fait sans accroc. Mais en cas de voyage prévu à l'avance, l'option train deviendrait plus délicate. 

La sécurité sur les voies Comme le souligne Le Figaro.fr, le voyage en train du président se doit d'être encadré et donne lieu à une minutieuse inspection. "Il faudrait sécuriser tous les rails du trajet, surveiller les ponts, privatiser une partie voire l'ensemble du train, placer une équipe de protection au départ et à l'arrivée du convoi", indique Philippe Durant, auteur de Haute protection. La protection des hautes personnalités de De Gaulle à Sarkozy et interrogé par le quotidien.

En cas de "menaces précises", le Service de protection des hautes personnalités (SPHP) serait aussi obligé "de mettre en place des mesures draconiennes", prévient un organisateur de voyages officiels dans Le Figaro. Pas sûr que cela réjouisse les centaines de passagers du même TGV. "Comment [réagiraient-ils] si on leur imposait de venir trente minutes avant le départ pour passer sous un portique détecteur de métaux ?", s'interroge-t-il.

La sécurité à bord D'autre part, la sécurité de François Hollande à bord des wagons présente elle aussi son lot d'inconvénients. A la différence de l'avion présidentiel, ce moyen de transport ne permet pas de passer des appels cryptés et protégés. 

Le temps La question des temps de trajet est elle aussi posée en cas de longs déplacements. Le 6 mai dernier, le président élu aurait mis dix heures pour effectuer le trajet Tulle-Paris en train. D'où le choix de l'avion ce soir-là.  

• Plus cher que l'avion ? 

Toutes ces contraintes posent enfin la question de la facture. Selon les détracteurs des voyages présidentiels en train, beaucoup estiment que les impératifs liés à la sécurité risquent de la rendre salée. Un voyage en train pourrait même dépasser le coût d'un trajet à bord d'un Airbus A330, l'avion présidentiel, dont l'heure de vol est déjà évaluée à 20 000 euros, selon une infographie réalisée par Le Figaro

Et comme le souligne Europe 1, le choix du train pourrait même devenir absurde dans certaines situations. Il est en effet possible qu'un avion soit envoyé à vide afin de permettre à François Hollande de rentrer rapidement à Paris après un déplacement... à bord d'un train. 

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