VIDEO. À Bugeat en Corrèze, un projet d’usine de granulés de bois symbolise le dilemme de la transition écologique

Chaque jour, franceinfo vous propose de faire étape dans une commune de France où le grand débat national d’Emmanuel Macron divise. Troisième étape de ce tour de France, jeudi 17 janvier : à Bugeat, en Corrèze.

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La petite commune de Bugeat, en Corrèze, est nichée sur le plateau de Millevaches. Elle compte 850 habitants, en désaccord sur un projet de construction d’une usine de pellets. Car les uns y voient des énergies renouvelables mais les autres redoutent que cette industrie ne vienne abîmer le plateau si fragile.

Elle devait se construire sur la zone d’activités de la commune. Mais il n’existe encore rien de cette usine de pellets, des granulés de bois à base de souches ou de branches valorisés pour en faire du combustible pour les chaudières industrielles. Il y a donc eu "un recours de la part des opposants" explique le maire de Bugeat, Pierre Fournet et le projet est suspendu "dans l’attente d’une décision du tribunal administratif".

Pierre Fournet, le maire de Bugeat.
Pierre Fournet, le maire de Bugeat. (BENJAMIN ILLY / RADIO FRANCE)

Une usine "dommageable pour les sols"

Alain, membre de l’association "Non à la montagne pellets" résume l’un des arguments des opposants à ce projet : "C’est dommageable pour la structure des sols. Ici nous avons des sols très fragiles sur le plateau, très peu épais." Mais le groupe dénonce aussi les conséquences pour la nature de la collecte de matière première. "Les prélèvements des souches et rémanents, le défrichement de parcelle à l’abandon sont une menace pour les sols et pour la diversité du vivant" peut-on ainsi lire sur le blog de l’association.

"S’il voulait écouter, il l’aurait déjà fait depuis longtemps"

Mais alors que ce grand débat national est l’occasion pour les Français de s’exprimer, les opposants à l’usine de pellets de Bugeat ne comptent pas se déplacer. "Je n’ai pas du tout envie d’y participer parce que je n’ai aucune confiance, ni dans ce gouvernement, ni dans les instituions", se justifie Christine, membre de l’association.

"Il parle de débattre sans tabou, renchérit Antoine, mais il y a un tabou auquel, lui, ne veut pas toucher, c’est transparent dans toute sa lettre : il ne veut pas toucher à une société qui est entièrement dictée par le profit et la finance parce que c’est de là qu’il vient et c’est ça qu’il produit en permanence. Donc quoiqu’on dise à Macron il ne voudra pas toucher à ça et c’est le nœud du problème. Il faudrait arrêter que des industriels et des financiers profitent en permanence, même à travers l’écologie, pour continuer à se faire de l’argent."

Christine, Alain et Antoine sont membres de l\'association \"Non à la montagne pellets\" qui s\'oppose à la construction de l\'usine à Bugeat.
Christine, Alain et Antoine sont membres de l'association "Non à la montagne pellets" qui s'oppose à la construction de l'usine à Bugeat. (BENJAMIN ILLY / RADIO FRANCE)

En attendant la décision du tribunal administratif sur le recours des opposants, le site de la future usine de pellets de Bugeat reste en l\'état.
En attendant la décision du tribunal administratif sur le recours des opposants, le site de la future usine de pellets de Bugeat reste en l'état. (BENJAMIN ILLY / RADIO FRANCE)