"Qu’il se penche plus du côté des jeunes qui galèrent" : ce que des pensionnaires d'un établissement d'insertion par l'emploi ont à dire à Emmanuel Macron

Le président de la République se rend jeudi dans un centre qui accueille d'anciens "décrocheurs", en quête de formation et de travail, à Étang-sur-Arroux, en Saône-et-Loire.  

Des annonces pour l\'emploi à destination des jeunes à Cergy (Val d\'Oise) le 5 mars 2018 (illustration). 
Des annonces pour l'emploi à destination des jeunes à Cergy (Val d'Oise) le 5 mars 2018 (illustration).  (BRUNO LEVESQUE / MAXPPP)

"On fait du sport, de la remise à niveau, de la simulation d’entretien, tout ce qui peut amener à l’emploi", explique un pensionnaire de l'établissement pour l'insertion dans l'emploi (Epide) d'Étang-sur-Arroux (Saône-et-Loire) où Emmanuel Macron se rend jeudi 7 février, avant une rencontre avec un millier de jeunes. 

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À l'Epide, une trentaine de jeunes de 18 à 25 ans, ex-"décrocheurs" ont l’objectif de remettre le pied à l’étrier, dans une ambiance quasi militaire, avec un lever à 6 heures et des journées bien remplies, dont ils ne semblent pas se plaindre. "On nous paye le permis et on nous accompagne dans nos démarches. On nous fait faire nos CV, nos lettres de motivation, précisent-ils. On a tout à notre disposition." Ce qui leur appartient ? : "La volonté, dans la tête."

La sincérité du président à l'épreuve

Chacun a un projet. Électricien, pour l'un, monitrice-éducatrice pour l'autre. "Intégrer une formation dans le domaine du tourisme", dit une jeune fille. Son voisin veut devenir "musicien professionnel ou à la limite travailler dans un magasin de musique". Aujourd'hui, ils comptent tester la sincérité du président à leur égard et lui demander "pourquoi il est venu ici ?" Est-ce que c’est vraiment parce qu’il avait envie de venir ou parce qu’il était obligé de venir ?, s'interroge un pensionnaire. Ça prouverait qu’il s’intéresse à nous et pas juste à son rôle de président. Ça prouverait au moins qu’il a fait un geste humain en venant nous voir et en venant nous écouter." Le jeune homme se défend de tout procès d’intention. "Ce n’est pas que je le soupçonne, mais on a l’habitude des présidents qui parlent, qui parlent, mais qui ne font pas forcément les choses", lance-t-il.

La préoccupation d'un travail qui plait

Ces jeunes gens ont appris la visite du président il y a trois jours. Depuis, ils cogitent pour savoir ce qu’ils vont lui dire. Les réponses fusent. "En France, il n’y a que 19 Epid, on n’est pas visibles du tout", avance un jeune. "Qu’il se penche plus du côté des jeunes qui galèrent. Il faudrait plus s’intéresser à eux", ajoute sa voisine. Un jeune originaire d’Auxerre regrette que "la mission locale ne trouve rien", côté travail : "Elle va te proposer des choses mais pas celles que tu veux, toi. C’est là le problème. Un travail que tu n’as pas envie de faire, il va être mal fait." L'épisode de la petite phrase d'Emmanuel Macron sur le travail que l'on trouve en traversant la rue, revient sur le tapis. "Je traverse la rue, je ne le trouve pas le travail. Des jeunes se démènent à fond pour trouver, en traversant la rue et qui ne trouvent absolument rien. Ce n’est pas très cool de sa part", estime une jeune fille.

En banlieue parisienne lundi, dans le Morvan aujourd’hui, le chef de l’État veut associer les jeunes au grand débat national. "On n’en parle pas du tout, on ne s’y est pas intéressés", reconnaissent-ils. Lors du débat de jeudi, Emmanuel Macron sera face à environ un millier de jeunes. Mais ils viennent d’une vingtaine de structures, lycées, IUT, école d’ingénieurs. Chaque établissement n’aura droit qu’à une seule question.

Ce que les jeunes de l'Epide d'Étang-sur-Arroux attendent de la visite d'Emmanuel Macron - un reportage de Julie Marie-Leconte
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