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Gouvernement et syndicats doivent discuter du retour à la retraite à 60 ans pour certains salariés

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a confirmé, mercredi 23 mai, qu'un décret rétablissant le droit de partir à la retraite à 60 ans pour les personnes ayant assez cotisé serait publié "très rapidement". Reste à s'entendre sur les modalités.
Article rédigé par Catherine Rougerie
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min
Marisol Touraine et Jean-Marc Ayrault discutent devant l'Elysée, le 17 mai 2012. (AFP - Lionel Bonaventure)

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a confirmé, mercredi 23 mai, qu'un décret rétablissant le droit de partir à la retraite à 60 ans pour les personnes ayant assez cotisé serait publié "très rapidement". Reste à s'entendre sur les modalités.

Chose promise, chose due.

Annoncé par François Hollande durant sa campagne (engagement n°18), le départ à la retraite pour tous ceux qui à 60 ans auront cotisé la totalité de leurs annuités a été confirmé par le gouvernement.

Si le principe s'énonce simplement, sa mise en œuvre l'est moins. Il pourrait bien être un premier point d'achoppement entre gouvernement et syndicats. Décryptage.

Les termes du débat

La promesse du candidat Hollande, et le décret annoncé par le Premier ministre, instaure pour les salariés ayant commencé à travailler à 18 ou 19 ans le droit de partir à la retraite à 60 ans à taux plein, s'ils ont cotisé 41 ans.

100.000 à 150.000 personnes seraient concernées pour un coût annuel de 1 milliard d'euros, soit 5 milliards d'ici à 2017, estime le gouvernement.

Ce n'est pas la position du Medef qui met en garde contre l'impact financier à moyen terme d'une telle mesure sur les régimes Agirc et Arcco.

Le coût pour ces organismes "serait de 2 milliards d'euros par an à partir de 2017" et "d'au minimum 5 milliards par an à partir de 2017 pour le régime général" sans compter le "chiffrage pour la fonction publique", fait remarquer , présidente du Medef.

Autre point de crispation, les périodes prises en compte. Avant d'être élu, François Hollande a indiqué que seules les périodes "cotisées", c'est-à-dire 41 ans travaillés effectivement, seraient retenues, excluant ainsi les périodes "validées". Les syndicats ne sont pas d'accord.

Modes de calcul

Les organisations salariales plaident pour un périmètre large des temps retenus.

Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, défend la prise en compte de tous les périodes "validées" (chômage, maladie, etc.) y compris les années d'études et les périodes de précarité subies.

Même position du côté de la CFDT. C'est la durée de cotisation qui doit compter, soutient Jean-Louis Malys, secrétaire national chargé des retraites.

Force Ouvrière est aussi sur cette ligne. A l'appui de ses revendications, son secrétaire général, Jean-Claude Mailly, pointe quatre catégories de salariés qui seraient pénalisées si le gouvernement reste sur la notion de période "cotisée" : les femmes du secteur privé ayant élevé un ou plusieurs enfants, toutes les personnes ayant connu des périodes de chômage, tous les hommes ou femmes ayant eu un congé parental d'éducation, toutes celles qui ont eu un congé maladie ou un accident du travail de plus d'un an.

"Ce serait discriminant et injuste", affirme même M. Mailly, rappelant ainsi au président François Hollande l'un des ses engagements : rétablir la justice.

Prudence du gouvernement

Interrogé mercredi sur RTL, le chef du gouvernement, Jean-Marc Ayrault, s'est bien gardé de trancher la question.

Indiquant que la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, avait commencé à discuter avec les organisations syndicales, il a juste préciser que les périodes de chômage, maladie, pouvaient "être prises en compte" comme c'est le cas déjà dans le dispositif carrières longues.

Aucune certitude donc, juste une éventualité qui sera étudiée selon la facture. "Nous avons évalué le coût de cette mesure à un milliard d'euros, nous l'avons financée (...). Il faut rester dans l'épure. Il ne s'agit pas d'augmenter le coût de cette mesure", a prévenu le Premier ministre.

Les discussions promettent d'être serrées.

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