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"Tentative d'enfumage", "première reculade", "flou"... Les réactions des oppositions à l'interview d'Élisabeth Borne sur franceinfo

Malgré les précisions d'Élisabeth Borne sur la réforme des retraites, les oppositions restent sur leur faim. Sur franceinfo, la Première ministre déclare que le report de l’âge à 65 ans "n'est pas un totem" et assure qu'il n'est pas question d'aller au-delà de 43 annuités. Mais la gauche n'est pas rassurée.
Article rédigé par franceinfo - Victoria Koussa
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
La Première ministre Elisabeth Borne était mardi 3 janvier l'invitée du 8h30 franceinfo. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

C’est une "tentative d'enfumage", dénonce sur Twitter l'Insoumise Clémentine Autain après les promesses de ne pas toucher aux 43 ans d’annuités pour toucher une retraite à taux plein faites mardi 3 janvier sur franceinfo par Élisabeth Borne. La Première ministre cherche d'après Clémentine Autain à "mieux faire avaler un départ à 64-63 ans avec le soutien des LR".

>> Réforme des retraites, assurance-chômage, crise énergétique... Ce qu'il faut retenir de l'interview d'Elisabeth Borne sur franceinfo

 

Seul gage que retiennent certains dans cette interview : le retrait du décret controversé sur l'assurance chômage, dévoilé à la veille de Noël qui prévoit de raccourcir la durée d'indemnisation des chômeurs de 40% si le chômage venait à passer sous la barre des 6%. Marine Tondelier, la nouvelle patronne d'Europe Écologie Les Verts qualifie ce retrait de première reculade du gouvernement. "On voit que le gouvernement est inquiet de la tournure que peut prendre les évènements sur le plan social en janvier. Et ils ont raison de l’être".

"Ils commencent à lancer des petites fusées de détresse et des petits signaux comme quoi ils sont prêts à reculer. C’est un bon début mais tant que leur réforme contribuera à faire travailler les gens plus longtemps, manifestations il y aura."

Marine Tondelier, secrétaire nationale d'EELV

à franceinfo

"Donc si ce qu’ils veulent c’est qu’il n’y ait pas de manifestations, il va falloir aller encore un peu plus loin", résume la chef de file des Verts. Même pirouette de Fabien Roussel : "Aujourd'hui Élisabeth Borne recule sur l'assurance-chômage, demain, elle reculera sur sa réforme des retraites", écrit le leader communiste sur Twitter. La gauche s'engage dans un bras de fer avec le gouvernement et pour faire monter la pression, une grande réunion Nupes est prévue jeudi 5 janvier au matin pour préparer la bataille contre cette réforme.

Bras-de-fer à gauche, attente à droite

À droite, les réactions se font plus discrètes, à l'exception du Rassemblement national qui s'oppose à la réforme. Marine Le Pen tacle "ce gouvernement qui n'écoute personne, fait n'importe quoi et finit par rétropédaler pour atténuer ses erreurs". Les Républicains font, eux, profil bas. Ils veulent la réforme mais ont encore des choses à négocier. Donc pour l’heure, pas de messages incendiaires sur les réseaux sociaux mais une critique du député LR Philippe Gosselin qui dénonce le flou. "Peut-être que ce que nous annonce ou nous laisse entrevoir la Première ministre irait dans ce sens-là mais en réalité, c’est encore un peu difficile à savoir parce qu’on a des pas en avant, des pas en arrière. On a besoin de clarté sur cette réforme des retraites qui est compliquée, que nous sommes prêts à accompagner mais pas à n’importe quel prix", insiste le député.

La Première ministre n'a plus que quelques jours pour éclaircir l'horizon des LR, "ce chemin" qu'elle espère trouver avec eux avant de dévoiler le projet du gouvernement la semaine prochaine. Élisabeth Borne compte appeler un à un les trois chefs, le patron du parti Éric Ciotti mais aussi ceux de la droite au Sénat et à l'Assemblée, Bruno Retailleau et Olivier Marleix.

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