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Solitude, obstacles politiques, vie personnelle sacrifiée... Le blues de Nicolas Hulot en cinq citations

Dans une interview au "Point", le numéro trois du gouvernement reconnaît qu'il rencontre des difficultés à faire avancer ses idées au sein du gouvernement. 

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France Télévisions
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Nicolas Hulot à Paris, le 6 septembre 2017.  (JULIEN MATTIA / NURPHOTO / AFP)

C'est un ministre en souffrance, mais qui reste encore sur le pont. Dans un entretien accordé au Point, publié jeudi 16 novembre, Nicolas Hulot fait part de sa frustration depuis qu'il a enfilé le costume de ministre de la Transition écologique et solidaire et de numéro trois du gouvernement Philippe. Franceinfo a retenu quatre citations marquantes de cette interview.

Son impuissance

Parfois, je me dis que je suis censé être au poste de pilotage d'un énorme paquebot. Mais, dès que je dois ralentir, accélérer, incliner le cap, je me demande : 'Comment je peux faire ?'

Nicolas Hulot

Les rouages de l'Etat et de l'administration le brident. Mais pas seulement. A chaque fois que l'écologiste veut accélérer, comme ce fut le cas pour l'épineux dossier du glyphosate ou des néonicotinoïdes, il a été confronté à des vents contraires et obligé de composer avec les agriculteurs. "J'ai dit en prenant ce ministère que j'étais le représentant du temps long, et le ministre de l'Agriculture actuel doit répondre aux souffrances immédiates des agriculteurs. Evidemment, parfois, les grilles de lecture semblent incompatibles. On doit donc faire en sorte de les rendre compatibles", reconnaît-il. 

Son manque de temps

Mais laissez-moi réfléchir un peu !

Nicolas Hulot

Le rythme et les sollicitations semblent trop soutenus pour celui qui découvre la politique. Cette "mue", comme il l'appelle, "est brutale. A l'instant où vous êtes nommé ministre, vous êtes happé comme dans un fleuve en crue. Garder la tête froide et le regard sur l'horizon est difficile tant vous êtes en permanence plongé dans un tas de petites choses pas forcément utiles."

Sa colère 

Ça ne peut pas se passer comme ça ! Ça ne peut plus continuer comme ça !

Nicolas Hulot

Ces deux phrases ont été criées par le ministre dans les salons du ministère de l'Ecologie le 7 novembre. Il venait alors d'avaler ce que Le Point qualifie de "boa", en annonçant qu'il allait revoir l'objectif fixé par le gouvernement de réduire à 50% la part du nucléaire dans la production française d'électricité d'ici 2025. Ce qui repousse alors l'échéance vers 2030 ou 2035. 

Sa solitude

J’ai parfois un sentiment d’isolement (...). Et c’est long et difficile pour moi de faire partager des convictions qui me semblent naturelles. C’est un défi de tous les jours.

Nicolas Hulot

L'ancien animateur de l'émission "Ushuaïa" ne se sent pas à l'aise dans le melting-pot qu'est ce gouvernement de marcheurs. Il est isolé, mais peut en revanche compter sur le soutien du président de la République, selon l'hebdomadaire.

Sa vie personnelle

Je ne me plains pas, personne ne m'a obligé à prendre ce job. Mais force est de constater que ma vie personnelle n'existe plus.

Nicolas Hulot

Le ministre semble parfois tout près du burn-out. Il confie avoir des nuits difficiles, en plus de ses journées : "Même la nuit, je refais le procès de la veille, je revois mes confrontations quand je n'ai pas obtenu gain de cause…"

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