"Roxana Maracineanu est dans son rôle", estime son premier entraîneur : "Je ne pense pas qu'elle soit surprise de devoir négocier"

Lionel Horter, premier entraîneur de la nouvelle ministre des Sports, a expliqué, lundi sur franceinfo, que Roxana Maracineanu n'avait pas "de round d'observation", alors qu'une lettre de cadrage de Matignon lui demande de supprimer 1 600 postes d'ici à 2022.

La ministre des Sports, Roxana Maracineanu, le 9 septembre 2018, à Paris.
La ministre des Sports, Roxana Maracineanu, le 9 septembre 2018, à Paris. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

À peine arrivée, déjà dans le bain. La nouvelle ministre des Sports Roxana Maracineanu a rendez-vous, lundi 10 septembre, avec le Premier ministre Edouard Philippe pour tenter de trouver d'autres "solutions", après la publication d'une lettre de cadrage de Matignon lui demandant de supprimer 1 600 postes d'ici à 2022. Une annonce que l'ancienne championne de natation a jugée "très brutale". Son premier entraîneur, Lionel Horter, a répondu à franceinfo, lundi matin.

franceinfo : Roxana Maracineanu a-t-elle raison de monter au créneau aussi frontalement ?

Lionel Horter : Oui, je crois qu'elle est dans son rôle de ministre qui est de protéger et de développer son ministère et le sport. Si on veut être dans la métaphore sportive, il n'y a pas de round d'observation et elle est déjà dans le vif du sujet.

Elle ne s'attendait pas à ça, selon vous ?

Je ne suis pas son porte-parole, mais ce que je sais, c'est qu'elle a une expérience politique puisqu'elle a été élue dans la région Ile-de-France. Je ne pense pas qu'elle soit surprise par le fait d'être dans le vif du sujet et de devoir immédiatement négocier, discuter et arbitrer. Cela fait partie du jeu.

Êtes-vous d'accord avec elle quand elle parle d'une annonce "brutale" ?

Elle est dans son rôle. 1 600 postes, cela représente plus de 55% des cadres du ministère des Sports, qui est un petit ministère. Je rappelle que le budget du sport, c'est 0,18% du budget de la nation (…) Il y a beaucoup de sports dans notre pays qui ont peu de moyens, qui ne sont pas exposés et qui font pourtant partie du paysage sportif mondial, en ayant des résultats ou en ayant une histoire, je pense à la lutte...

À titre personnel, je considère que le rôle de l'État est, dans certains domaines, de garder la main.Lionel Horterà franceinfo

Ces sports ont besoin du soutien de la collectivité pour exister, donc ils doivent être aidés. Personne ne peut être contre la réduction du déficit de l'État, mais il faut le faire en ayant le souci de ne pas mettre en difficulté des sports olympiques qui ont peu de ressources.