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"Il a passé trente ans à taper sur le monde rural" : la Fédération nationale des chasseurs se réjouit de la démission de Nicolas Hulot

L'ancien ministre "n'a jamais été un ami des chasseurs", réagit auprès de franceinfo Willy Schraen, président de la fédération. Pour autant, il n'avait pas anticipé la démission du ministre d'État, mardi.

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Propos recueillis par - Mathilde Goupil
France Télévisions
Publié
Temps de lecture : 2 min.
L'ancien ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, quitte l'Élysée le 22 août 2018. (CHARLES PLATIAU / REUTERS)

Coup de tonnerre dans la rentrée politique d'Emmanuel Macron. Le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, a annoncé sa démission du gouvernement, mardi 28 août. Une décision qui intervient après de nombreuses menaces, mais aussi au lendemain d'une réunion à l'Élysée, durant laquelle les chasseurs ont obtenu la baisse du prix du permis national et une nouvelle "gestion adaptative" des espèces chassables. Réunion qui a "achevé de convaincre" Nicolas Hulot. Willy Schraen, président de la Fédération nationale des chasseurs, présent lundi, réagit auprès de franceinfo.

>> Nicolas Hulot démissionne : suivez les réactions à son départ du gouvernement dans notre direct

Franceinfo : Comment réagissez-vous à la démission de Nicolas Hulot ?

Willy Schraen : Nicolas Hulot n’a jamais été ami des chasseurs, ça c'est clair. Il a passé trente ans de sa vie à taper sur le monde rural, le monde de la chasse, de la pêche. En ce qui me concerne, très honnêtement, ça n'est pas la plus mauvaise nouvelle de la semaine. Dire le contraire relèverait d'une grande hypocrisie.

Cette décision intervient au lendemain d'une grande victoire pour les chasseurs. Comment s'est déroulée la réunion, qui a visiblement irrité Nicolas Hulot ?

Elle s’est bien passée, comme une réunion qui peut regrouper des chasseurs et leur ministre, devant le chef de l’Etat. Mais il n'y a pas eu de cris ou de bras en l’air. Il n'y a pas eu de clash particulier.

Willy Schraen, président de la Fédération nationale des chasseurs

à franceinfo

Je n'ai pas compris son annonce ce matin qui dit qu’il y a une goutte qui a fait déborder le vase... ["J'ai découvert la présence d'un lobbyiste qui n'était pas invité à cette réunion", a expliqué Nicolas Hulot sur France Inter]. Mais Thierry Coste n’a pas dit un mot hier ! Et il m’accompagne partout quand je rencontre le gouvernement. Ils se connaissent personnellement et se sont même serré la main : "Bonjour M. Hulot", "Bonjour M. Coste".

Nicolas Hulot a même affirmé qu'il était favorable à la réforme de la chasse française. Bien sûr, on chipote sur quelques espèces à la marge, des choses normales dans ce cas-là. Mais je n'ai pas senti Nicolas Hulot sur la défensive, ou ayant le vague à l’ame ou étant perdu dans ses pensées... Moi, je crois que c’est autre chose, et que ça n'est pas imputable à la chasse. On annoncait sa démission tous les quinze jours, il fallait bien que ça arrive.

Au-delà de cette réunion, quelles étaient vos relations de travail depuis le début de son mandat ?

Les relations étaient tendues, mais ça a toujours été un petit peu tendu entre les ministres de l'Environnement et les chasseurs. Je n'ai pas vu de différence avec Nicolas Hulot et les autres ministres avec qui j’ai travaillé.

Willy Schraen, président de la Fédération nationale des chasseurs

à franceinfo

Si on avait une doctrine différente, je ne l’ai jamais ressenti. On sait très bien qu’on ne serait pas partis en vacances ensemble, mais les chasseurs n’ont jamais été mis au banc des accusés ou humiliés.

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