Démission de Gérard Collomb : Macron doit "arrêter d'écouter les technocrates"

En démissionnant du ministère de l'Intérieur, Gérard Collomb "tente peut-être de faire un électrochoc pour rendre service au président", a estimé mercredi le député du MoDem Richard Ramos.

Le député MoDem Richard Ramos, le 11 octobre 2017.
Le député MoDem Richard Ramos, le 11 octobre 2017. (ERIC MALOT / MAXPPP)

"Il faut qu'Emmanuel Macron arrête d'écouter les technocrates, mais qu'il revienne à un rapport direct avec l'autre", estime Richard Ramos, député MoDem, mercredi 3 octobre sur franceinfo. Il réagit à la démission de Gérard Collomb du ministère de l'Intérieur.

franceinfo : Que pensez-vous de cette démission ?

Richard RamosD'abord, Gérard Collomb, c'est un homme libre. On reproche aux membres de la macronie d'être "des godillots", le doigt sur la couture du pantalon, mais dès qu'on a des hommes libres, Hulot et Collomb, on reprocherait de ne pas avoir autour de soi des hommes libres ! Moi je ne crois pas qu'il y a une crise de l'exécutif, mais que le candidat Macron est devenu président Macron avec ces deux affaires-là. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, les choses sont entre les mains du président : son rapport personnel de l'exercice du pouvoir (...) Nous, au sein de la majorité, on va soutenir le président.

Des ministres qui tapent à la porte au gouvernement pour le quitter, avant d'annoncer leur départ dans la presse, est-ce inédit ?

C'est inédit, oui, mais on est quand même dans quelque chose qui va se passer. J'ai confiance et je soutiens le président. Ce n'est pas une bonne nouvelle parce que ça remet la profondeur de champ du président dans son rapport à l'autre. Je l'ai souvent dit, le candidat Macron, ce sont trois piliers : un, la technocratie, deux, le libéralisme, l'entreprise, et trois, le rapport au peuple. Aujourd'hui, on revient sur des affaires intérieures et il faut qu'il arrête d'écouter les technocrates, mais qu'il revienne à un rapport direct avec l'autre. Gérard Collomb, c'est un vieux de la politique, il sait ce qui va se produire. Il tente peut-être de faire un électrochoc pour rendre service au président : dans une amitié difficile, ce n'est parfois pas facile, mais on se dit les choses parce que l'on est ami. Le président va sûrement bientôt parler aux Français et va prendre la mesure de ce rapport direct entre le peuple et le chef d'État.

C'est le septième départ du gouvernement... Faut-il un remaniement plus large ?

Il faut un nouveau souffle avec des ministres qui savent vraiment parler aux Français (...) Il faut une équipe qui soit en capacité de parler aux Français, pas seulement aux technocrates. Je ne sais pas s'il faut faire revenir François Bayrou [patron du MoDem], mais on sait qu'il pèse, on sait que son expérience, sa vision de la France peut peser dans ces affaires-là. Je ne sais pas s'il a envie de revenir au gouvernement, mais il a envie de peser dans le destin français.