Gérald Darmanin accusé de viol : la justice ordonne la reprise des investigations

La Cour de cassation avait ordonné en novembre 2019 à la chambre d'instruction de la cour d'appel de Paris de réexaminer la validité du non-lieu.

Gérald Darmanin, nouveau ministre de l\'Intérieur du gouvernement de Jean Castex.
Gérald Darmanin, nouveau ministre de l'Intérieur du gouvernement de Jean Castex. (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

La cour d'appel de Paris a ordonné la reprise des investigations concernant la plainte pour viol visant le ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin, a appris franceinfo auprès de l'avocate de la victime présumée jeudi 11 juin, confirmant une information de l'AFP.

"Il ne faut pas bouder son plaisir, aujourd'hui c'est quand même une heureuse journée pour notre cliente", assure l'avocate de Sophie Patterson-Spatz, maître Elodie Tuaillon-Hibon, jeudi 11 juin sur franceinfo. "On est quand même sur des accusations de nature criminelle, des accusations de viol. On a encore du mal à comprendre pourquoi aujourd'hui, en 2020, ça a pris autant de temps pour simplement pouvoir ouvrir une information judiciaire", regrette l'avocate de la plaignante.

La Cour de cassation avait ordonné en novembre 2019 à la chambre d'instruction de la cour d'appel de Paris de réexaminer la validité du non-lieu dont avait bénéficié en 2018 Gérald Darmanin, accusé de viol par Sophie Patterson-Spatz.

"Le plus difficile reste encore devant nous"

Les décisions des magistrats "ont fait obstacle aux droits de la victime jusqu'à présent dans ce dossier", selon maître Elodie Tuaillon-Hibon, d'autant que "ça va être encore long. D'une certaine manière le plus difficile reste encore devant nous". 

Le ministre de l'Action et des Comptes publics était accusé par cette femme de l'avoir violée en 2009, alors qu'il était chargé de mission au service des affaires juridiques de l'UMP. Elle avait accusé le ministre de lui avoir fait miroiter son appui sur un dossier judiciaire en échange de faveurs sexuelles.

"Ce qu'on se demande toutes, dans ce dossier, c'est : est-il possible en France en 2020 de porter des accusations de viol contre un homme puissant ? Est-ce que la justice existe à ce point ou pas ?", s'interroge l'avocate.