Fusion du Haut-Rhin et du Bas-Rhin : "Tous les feux sont au vert" pour un département unique d'Alsace

Brigitte Klinkert, présidente du département du Haut-Rhin, a affiché son optimisme sur franceinfo vendredi 3 août.

Brigitte Klinkert, actuelle présidente du département du Haut-Rhin.
Brigitte Klinkert, actuelle présidente du département du Haut-Rhin. (THIERRY GACHON / MAXPPP)

Un rapport du préfet de la région Grand Est sur l'avenir institutionnel de l'Alsace "envisage" une fusion du Haut-Rhin et du Bas-Rhin pour créer un département unique. "Tous les feux sont au vert" pour une collectivité unique, a estimé vendredi 3 août sur franceinfo Brigitte Klinkert, présidente du département du Haut-Rhin.

"Aujourd'hui, il suffit d'une simple loi pour mettre en place une euro-collectivité d'Alsace", a déclaré Brigitte Klinkert,  La "renaissance de l'Alsace", deux ans après sa fusion avec la Lorraine et la Champagne-Ardenne, est défendue par de nombreux parlementaires, maires, élus, chefs d'entreprise et autonomistes alsaciens. 

franceinfo : Vous demandez la création d'une euro-collectivité-Alsace. A vos yeux, c'est indispensable ?

Brigitte Klinkert : C'est absolument indispensable pour l'Alsace d'avoir une Euro-collectivité qui permette à nos deux départements du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, d'avoir demain de nouveau une réelle capacité à agir et à être plus en phase et plus en coopération avec nos voisins allemand et suisse. Cette collectivité d'Alsace a besoin de compétences de l'Etat et de la région Grand Est. Pour ce qui est de l'Etat, nous demandons la compétence sur les routes nationales notamment pour pouvoir mettre en place une redevance sur l'axe Nord-Sud alsacien qui aujourd'hui est très dense en matière de circulation de poids lourds. Nous demandons des compétences dans le domaine de la coopération transfrontalière pour pouvoir travailler efficacement avec nos voisins allemand et suisse. Nous demandons à l'Etat des compétences dans le domaine de l'apprentissage des langues pour développer le bilinguisme avec l'allemand en Alsace. Il y a des compétences dans le domaine du tourisme que nous demandons à la région. L'Alsace est une marque. C'est bien l'Alsace que l'on vend en France et à l'étranger.

Prenez-vous l'exemple corse qui a obtenu ce statut unique pour obtenir gain de cause ?

Oui. L'Alsace est une région, un territoire qui a une forte identité, une histoire qui est particulière qui a une culture très forte. L'Alsace, notre territoire de vie, c'est le bassin rhénan et nous souhaitons nous ouvrir davantage vers nos voisins allemands, vers nos voisins suisses et être demain le phare du Grand Est et de la France en Europe.

Il y a déjà eu un référendum en 2013 sur une fusion entre le Haut-Rhin et le Bas-Rhin. Faut-il en passer par là à nouveau ?

Aujourd'hui, il suffit d'une simple loi pour mettre en place une Euro-collectivité d'Alsace, ça a été le cas pour la Corse, pour la Métropole de Lyon. C'est le cas pour Paris, il n'y a pas de raison que ce ne soit pas possible pour l'Alsace. Il y a eu un sondage en février qui a démontré que 83% des Alsaciens souhaitaient une collectivité d'Alsace. Nous avons rencontré le président de la République au mois de novembre qui nous a dit qu'on pouvait dans le Grand Est imaginer une structure particulière pour l'Alsace. Nous avons rencontré le Premier ministre au mois de décembre qui est allé dans le même sens. Il a chargé le préfet de la région Grand Est de lui rendre un rapport sur l'Alsace. Nous venons de recevoir une lettre du Premier ministre qui reconnaît qu'il y a un désir d'Alsace auquel une réponse doit être donnée. Tous les feux sont au vert et la lettre du Premier ministre est une étape décisive pour la reconnaissance institutionnelle et politique de l'Alsace.