Le Rassemblement national retire l'accréditation d'un journaliste de "Libération" pour son université d'été... avant de faire machine arrière

Le journaliste Tristan Berteloot a publié un portrait du maire de Fréjus, David Rachline, qui a visiblement fortement déplu au parti de Marine Le Pen. 

Une affiche du Rassemblement national, à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), le 7 septembre 2019.
Une affiche du Rassemblement national, à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), le 7 septembre 2019. (MAXPPP)

C'est un nouvel épisode qui illustre les relations houleuses entre la presse et le Rassemblement national (RN). Le parti de Marine Le Pen a retiré l'accréditation qu'il avait délivrée à un journaliste de Libération, Tristan Berteloot, pour couvrir son université d'été à Fréjus (Var) ce week-end, selon des sources à franceinfo et à l'AFP, samedi 14 septembre. Cette décision faisait suite à la parution dans le quotidien d'un portrait du maire de la ville, David Rachline.

Mais, face à la protestation de plusieurs autres journalistes, qui ont dénoncé sur Twitter une "atteinte grave à la liberté de la presse", le RN a finalement fait machine arrière, expliquant avoir "révisé" sa décision et décidé d'accorder de nouveau cette accréditation.

"Vous avez vu l'article ?"

Quand le journaliste de Libé avait demandé au RN pourquoi son accréditation lui avait été retirée, le service de presse du parti avait répondu : "En raison de votre article sur le maire de Fréjus", par ailleurs membre du bureau exécutif du RN, selon le journaliste. Interrogé par franceinfo sur cette décision, le service de presse du parti avait répliqué : " Vous avez vu l'article ?" Celui-ci est titré : "David Rachline, du petit chose au grand fayot".

"Le RN comme le FN continue à avoir un problème avec la liberté de la presse", avait réagi auprès de l'AFP Paul Quinio, directeur délégué de la rédaction de LibérationLes journalistes de Mediapart et de l'émission Quotidien ne sont plus accrédités aux réunions ou conférences de presse du parti d'extrême droite depuis 2012.

Contacté par franceinfo, Tristan Berteloot confie qu'il ne sait pas pourquoi le Rassemblement national l'a de nouveau accrédité. "Je ne sais pas pourquoi ils ont changé d'avis, je ne suis pas dans les coulisses du mouvement", déclare-t-il. Mais le journaliste suppose que le retrait de l'accréditation "ne correspond pas à la stratégie de rentrée de Marine Le Pen, qui essaie de rencontrer en ce moment les directeurs de rédaction". "Le Rassemblement national a eu peur du boycott des confrères", estime-t-il.