Jean-Marie Le Pen a eu peur de gagner la présidentielle en 2002

Dans un entretien au magazine "Society", le fondateur du FN détaille ses angoisses, notamment celle d'une "déferlante démographique" venue d'Afrique. 

Jean-Marie Le Pen assiste à une session plénière au Parlement européen de Strasbourg, le 20 mai 2015.
Jean-Marie Le Pen assiste à une session plénière au Parlement européen de Strasbourg, le 20 mai 2015. ( MAXPPP)

Oui, le "patriarche" a peur. Jean-Marie Le Pen ne s'en cache pas dans les colonnes du magazine Society, dont des extraits sont repris par Le Figaro, vendredi 29 mai. Le fondateur du Front national revient ainsi sur les sentiments qui l'ont traversé en 2002, au second tour de l'élection présidentielle. "J'ai envisagé avec une certaine angoisse qu'il y ait une déferlante populiste", reconnaît-il avant de détailler sa peur de s'être retrouvé aux portes de l'Elysée. 

Je ne suis pas spécialement un homme politique qui a la réputation d'être peureux mais je sais évaluer le danger. Quand vous vous retrouvez dans l'hypothèse d'être président de la République alors que vous n'avez pas l'appareil pour le faire, vous ne trouvez pas que ça puisse susciter légitimement une impression d'angoisse ? Si ce n'est pas le cas, c'est que vous êtes un branleur.Jean-Marie Le Pendans "Society"

"Les Africains vont tout vous prendre"

Jean-Marie Le Pen explique également n'avoir pas vraiment cru à sa victoire face à Jacques Chirac. "Je n'ai jamais fait plus de 18% et on n'accède pas au pouvoir quand on fait 18%", estime-t-il. Il en profite au passage pour égratigner sa fille : "D'ailleurs, Marine n'a jamais fait plus, et elle ne fera pas plus demain en faisant un mélange d'UMP et de PS."

Dans l'entretien, il explique aussi son angoisse face à la "déferlante démographique". "Moi, je vous garantis qu'ils [les Africains] vont se tuer les uns les autres, ils vont s'égorger, parce qu'il n'y aura pas à manger pour tout le monde. Et puis, ils vont venir ici, ils vont vouloir votre place, ils vont tout vous prendre", déclare l'octogénaire. Pour calmer ses peurs, Jean-Marie Le Pen choisit encore et toujours l'outrance.