"J'ai pitié de ma fille" : des premiers extraits des Mémoires de Jean-Marie Le Pen dévoilés

Le premier tome de ses Mémoires sort le 1er mars en librairie. Mais "Le Parisien" et "Le Point" publient déjà plusieurs extraits, où il est question de la guerre d'Algérie, du maréchal Pétain, de sa fille Marine et de son œil perdu lors d'un montage de tente.

Jean-Marie Le Pen lors d\'une conférence de presse à Marignane (Bouches-du-Rhône), le 31 mai 2017.
Jean-Marie Le Pen lors d'une conférence de presse à Marignane (Bouches-du-Rhône), le 31 mai 2017. (FRANCK PENNANT / AFP)

Le premier tome des Mémoires de Jean-Marie Le Pen doit sortir en librairie le 1er mars. Mais Le Parisien et Le Point (abonnés) ont déjà publié quelques extraits de l'ouvrage, mardi 20 février. Le président d'honneur du FN y livre notamment sa vision de la seconde guerre mondiale et du régime de Vichy. "L’histoire a avalisé le jugement militaire du général De Gaulle mais cela ne délégitime pas pour autant l’action politique du maréchal Pétain, ni la position morale des Français qui l’ont suivi, écrit-il. Si De Gaulle a eu de la vista, Pétain n’a pas manqué à l’honneur en signant l’armistice."

"Un héros doit être beau, comme le maréchal Pétain"

"Un héros doit être beau. Comme saint Michel ou le maréchal Pétain", poursuit l'ancien président du FN, qui critique vertement Charles de Gaulle, à qui il ne pardonnera jamais la fin de l'Algérie française. "En apparence, il y a deux De Gaulle, le rebelle de 1940 et le chasseur de rebelles de 1961. Mais tous les deux, ensemble, forment pour moi un faux grand homme dont le destin fut d’aider la France à devenir petite."

Jean-Marie Le Pen, justement, est accusé d'avoir agi en tortionnaire en Algérie, selon plusieurs témoignages compilés par le réalisateur José Bourgarel, dans La Question : Le Pen et la torture. Le fondateur du FN, lui, dénonce des accusations "bidon" : "Ni moi, ni mes camarades n’étions chargés des interrogatoires spéciaux (...). J’ai ainsi été accusé de la même scène de torture le même jour, à la même heure, à plus de 100 km de distance"

"J'ai pitié de [ma fille Marine]"

Jean-Marie Le Pen évoque peu ses filles, dans ce premier tome de ses Mémoires. Mais il réserve tout de même une saillie à Marine. "Un sentiment me domine quand j’y pense : j’ai pitié d’elle. Je crois à la justice immanente, raconte-t-il. Sa stratégie et son stratège se sont plantés (...). En s’appliquant à me rendre ringard, elle s’est éclaboussée dans la manœuvre par son échec, et sans doute le Front national aussi, ce qui est plus grave."

Le fondateur du FN livre également plusieurs anecdotes personnelles. Il explique notamment avoir perdu son œil en montant un chapiteau pour Jean-Louis Tixier-Vignancourt, candidat de l'extrême droite à la présidentielle de 1965 : "A Hyères, en maniant le maillet pour enfoncer une sardine où l’on attache les cordes de tension, j’ai un choc à l’œil." Il évoque également sa rupture avec la religion à l'âge de 16 ans, en 1944, car des prêtres lui avaient fait croire que sa mère était morte, dans l'espoir de calmer l'adolescent trop remuant.

"Je chante partout", ajoute-t-il encore, lui qui a édité des discours de Pétain et des chants de la Wehrmacht, à partir de 1963. "Des chants de la légion dont certains viennent de la Wehrmacht, les chansons de la Commune de Paris ou des républicains espagnols, d’autres anarchistes, quelques-uns fascistes et monarchistes."