Recours à la torture : les proches de Marine Le Pen prennent sa défense

La présidente du FN a rectifié, mercredi, après avoir déclaré qu'il existe "des cas où il est utile de faire parler" sous la torture. Mais des membres de son parti ont continué de défendre ce type de méthodes.

La présidente du Front national Marine Le Pen (centre) entourée du député du Rassemblement bleu Marine Gilbert Collard (1er en partant de la gauche), Florian Philippot, vice-président du FN (2e en partant de la droite), et de Steeve Briois, secrétaire général du parti (1er en partant de la droite).
La présidente du Front national Marine Le Pen (centre) entourée du député du Rassemblement bleu Marine Gilbert Collard (1er en partant de la gauche), Florian Philippot, vice-président du FN (2e en partant de la droite), et de Steeve Briois, secrétaire général du parti (1er en partant de la droite). (ERIC FEFERBERG / AFP)

Le thème de la torture divise au sein du Front national. Interrogée par BFMTV et RMC sur le rapport accablant du Sénat américain concernant les pratiques de la CIA sur ce type de procédé, Marine Le Pen a déclaré, mercredi 10 décembre, qu'il y a "des cas où il est utile de faire parler".

Aussitôt épinglée, la présidente du Front national a immédiatement rectifié le tir sur Twitter. "Face au terrorisme, pas d'angélisme. 'Les moyens qu'on peut' : les moyens de la loi, évidemment pas la torture", a-t-elle écrit. Mais certains membres et proches du parti ont défendu Marine Le Pen quand d'autres ont défendu le recours à ces méthodes.

"Il faut arrêter l'angélisme"

Sans défendre le recours à la torture, Florian Philippot, bras droit de Marine Le Pen, a également défendu la présidente du parti, sur i-Télé. "On doit obtenir des informations pour sauver des vies, c'est une vérité, il faut arrêter l'angélisme", a-t-il lancé. Et d'ajouter : "On sent bien qu'en ce moment la caste, paniquée par la montée du Front national, multiplie les polémiques inutiles."

"Pour sauver vingt, ou dix, ou deux ou une vie"

Pour Gilbert Collard, député du Rassemblement bleu Marine, la torture est parfois nécessaire. "C'est vrai que la torture doit être le recours ultime quand il faut sauver des vies, la torture pour la torture c'est ignoble, mais cette espèce de lâcheté qui consiste à dire : 'Tant pis que les innocents meurent pourvu que j'ai les mains propres'..." a-t-il déclaré sur i-Télé. "Si pour sauver vingt, ou dix, ou deux ou une vie, je dois malmener un tortionnaire, je le fais, je le fais avec dégoût, mais ces choix sont absolument courageux", a soutenu l'avocat.

"Certains moyens sont utiles"

Bruno-Marie Lemaire, l'un des conseillers économiques de la présidente du FN, a volé au secours de cette dernière. "Marine Le Pen a énoncé des situations dramatiques bien particulières pour lesquelles certains moyens sont utiles", a-t-il écrit sur Twitter.

"L'horreur des attentats de 1995"

Même son de cloche pour Eric Domard, conseiller special et conseiller aux sports de Marine Le Pen. Il évoque les "attentats de 1995" comme une situation critique où le recours à la torture se justifierait, revenant sur une éventuelle configuration brandie par Marine Le Pen.

Les premiers propos tenus par de Marine Le Pen ont été unanimement condamnés par le reste de la classe politique. Le chef de file des députés socialistes, Bruno Le Roux, a évoqué une régularité familiale. Marine Le Pen "a réagi avec ce qu'elle est. La gégène est dans les gènes des Le Pen. Pour elle, c'est très très normal", a-t-il déclaré devant la presse.