Le Pen écrit à sa fille : "Vous estimez-vous fondée à sanctionner le fondateur du FN ?"

Le président d'honneur du Front national publie sur son blog une lettre ouverte à l'attention de sa fille, Marine Le Pen, à la suite de la polémique née de ses propos sur la "fournée" d'artistes opposés au FN.

Jean-Marie Le Pen et sa fille Marine lors du défilé du Front national, le 1er mai 2012 à Paris.
Jean-Marie Le Pen et sa fille Marine lors du défilé du Front national, le 1er mai 2012 à Paris. (THOMAS COEX / AFP)

Le président d'honneur du Front national dénonce "une sanction injuste", après la suppression de son "Journal de bord" hebdomadaire du site du parti. Jean-Marie Le Pen publie sur son blog, vendredi 13 juin, une lettre ouverte adressée à sa fille Marine, dans laquelle il revient sur la polémique provoquée par ses propos sur une "fournée" d'artistes.

"Vous estimez-vous donc fondée à sanctionner le fondateur et président d’honneur du Front National, en outre, député européen depuis 30 ans et brillamment réélu avec quatre colistiers ?" écrit Jean-Marie Le Pen dans ce courrier.

Une "campagne médiatique diffamatoire"

Cette missive est le nouvel épisode d'un feuilleton politique et familial, démarré après la publication du dernier "Journal de bord" du patriarche du FN. Dans cette vidéo, Jean-Marie Le Pen suggérait une "fournée" d'artistes hostiles au parti, comme le chanteur Patrick Bruel.

Le président d'honneur du FN dénonce la "calomnie odieuse" qui a suivi, déplorant une "campagne médiatique diffamatoire déclenchée par les sycophantes, chiens de chasse de l’antisémitisme, pour l’emploi du mot 'fournée'". Il tacle, sans les nommer, son gendre et député européen Louis Aliot et le parlementaire Gilbert Collard, qui ont tous deux dénoncé ses propos.

Le père rappelle les polémiques créées par sa fille

Mais il dénonce également directement l'attitude de sa fille Marine Le Pen, qui a considéré que cette nouvelle sortie était "une faute politique", et la renvoie à certaines de ses actions passées. "Vous-même, n’avez-vous pas été mise en cause par votre déclaration sur 'l’occupation' de rues par des fidèles musulmans  ou encore par votre présence à Vienne, à un bal, réputé 'nazi' par nos ennemis ?"

Jean-Marie Le Pen termine son courrier en "demandant justice", réclamant à Marine Le Pen "la simple réparation d'un dommage injustifié". "Dès lors, conclut-il, je considérerai dans l’intérêt commun que l’incident est clos."