FN : entre sa tante et son grand-père, pour qui penche Marion Maréchal-Le Pen ?

Pressentie pour reprendre le flambeau de Jean-Marie Le Pen, en guerre ouverte contre sa fille, aux élections régionales, la députée du Vaucluse se fait pour l'instant discrète au milieu de cette querelle politico-familiale.

Marion Maréchal-Le Pen et son grand-père, Jean-Marie Le Pen, le 29 mars 2015, à Carpentras (Vaucluse).
Marion Maréchal-Le Pen et son grand-père, Jean-Marie Le Pen, le 29 mars 2015, à Carpentras (Vaucluse). (BERTRAND LANGLOIS / AFP)

De communiqués assassins en déclarations tapageuses, le Front national se déchire depuis l'interview donnée par Jean-Marie Le Pen au magazine d'extrême droite Rivarol. "Je m'opposerai à sa candidature aux élections régionales en Provence-Alpes-Côte d'Azur", a réagi, mercredi 8 avril, la présidente du Front national. Pressentie pour reprendre ce flambeau, Marion Maréchal-Le Pen, petite-fille de Jean-Marie et nièce de Marine, se fait pour l'instant discrète au milieu de cette querelle politico-familiale.

"Tout ce que je peux vous dire, c'est que Marion Maréchal-Le Pen est sur la même ligne que sa tante", affirme-t-on dans son entourage, jeudi 9 avril. Si cette prise de position devait se confirmer, elle constituerait une défection de taille pour Jean-Marie Le Pen, qui avait personnellement poussé sa petite-fille à se lancer en politique, lors des législatives de 2012.

Les régionales en ligne de mire

La semaine dernière, la jeune députée du Vaucluse avait déjà pris ses distances avec le patriarche, après son précédent dérapage, sur les chambres à gaz. "Je regrette que le verbe de Jean-Marie Le Pen, qui servit si longtemps à clamer des vérités (...), soit devenu un moyen de provocation inutile. Inutile car elle nuit à la clarté de notre ligne politique (...), et stérile car tout le temps passé à se justifier sera autant de temps perdu à ne pas aborder les vrais problèmes des Français", avait-elle déclaré dans une interview à Valeurs actuelles.

En porte-à-faux, Marion Maréchal-Le Pen ira-t-elle jusqu'à accepter de mener la liste FN en Paca aux régionales à la place de son grand-père ? Son nom a été évoqué par plusieurs figures régionales comme Stéphane Ravier, maire du 7e secteur de Marseille, ou David Rachline, maire de Fréjus et sénateur du Var. "Si on lui demande d'y aller pour l'intérêt du parti et du pays, elle ira", pense savoir un proche, rappelant toutefois que "Marion est contre le cumul des mandats". Quant à savoir si la députée se présenterait y compris dans le cas où Jean-Marie Le Pen se lancerait dans la course en dissident, "à mon avis, elle ne se mettrait pas en travers de son chemin", poursuit ce proche.

Dans le département de Marion Maréchal-Le Pen, le vieux leader garde une certaine aura. C'est d'ailleurs dans le Vaucluse, auprès des militants frontistes à Carpentras, que Jean-Marie Le Pen a suivi, le 29 mars, le résultat des élections départementales. "Ici, nous avons un grand respect pour le fondateur historique du Front national", confie un ex-candidat. "Mais il y a aussi une volonté d'aller de l'avant partagée par une immense majorité. Désormais, les manettes sont aux mains de Marine Le Pen. Avec tout le respect que l'on doit à Jean-Marie Le Pen, il faut savoir tourner la page."