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Départementales : le score du FN marque-t-il vraiment un coup d'arrêt ?

Le parti réalise finalement un score en deçà de ce que prédisaient les sondages, avec un peu plus de 25% des voix, derrière les candidats de l'UMP ou soutenus par l'UMP (27,86%). Déception ou exploit ? Francetv info s'est plongé dans les résultats.

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La présidente du Front national, Marine Le Pen, donne un discours à Nanterre (Hauts-de-Seine), au siège du parti, le 22 mars 2015. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Après ses succès aux européennes et aux municipales, le Front national avait misé gros sur les départementales. En présentant des candidats dans la quasi-totalité des cantons, le parti de Marine Le Pen affichait d'importantes ambitions par rapport aux précédents scrutins départementaux.

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Les résultats des binômes frontistes ont finalement déçu de nombreux observateurs, qui attendaient un score plus élevé au vu des récents sondages. Le Premier ministre, Manuel Valls, s'est d'ailleurs "félicité" que le FN ne soit pas en tête du scrutin, quand Marine Le Pen, elle, évoque "un exploit" pour son parti.

Qu'en est-il réellement ? Les départementales représentent-elles un coup d'arrêt pour le Front national ? Francetv info s'est plongé dans les résultats et pèse le pour et le contre.

Oui, car le FN n'est plus "le premier parti de France"

Au soir des élections européennes de 2014, les cadres frontistes s'en félicitaient : "Le FN est le premier parti de France", assurait par exemple Florian Philippot. De fait, au niveau national, le Front national faisait largement la course en tête, avec 24,86% des suffrages contre respectivement 20,81% pour l'UMP et 13,98% pour les listes d'Union de la gauche.

Il n'en est rien cette fois-ci. De nombreux sondages prédisaient une nouvelle première place au FN, avec des scores autour de 30%. Le parti réalise finalement un score en deçà des chiffres prévus, avec 25,19% des voix selon les résultats du ministère de l'Intérieur, derrière les candidats de l'UMP ou soutenus par l'UMP (27,45%). Mais devant le PS (21,54%).

Non, car le FN réalise un score historique

Malgré des résultats en deçà des prévisions des sondages, le FN réalise le meilleur score de son histoire dans des élections locales, note Le Monde. Par rapport aux précédentes cantonales, l'ancienne dénomination du scrutin départemental, en 2011, le parti frontiste gagne ainsi près de 10 points. Par rapport à la présidentielle de 2012, là aussi, la progression est nette dans de nombreux départements : dans le Var, le Front national gagne par exemple plus de 14 points.

Pour Marine Le Pen, le résultat du premier tour des départementales est même "un exploit" pour son parti. "C'est la confirmation de la fin d'un Front national capable de faire de bons scores aux élections nationales et qui avait du mal aux élections locales", explique la leader frontiste au Monde.

Non, car le FN se qualifie dans la majorité des cantons

Le score élevé du FN sur le plan national lui permet de se qualifier dans plus de la moitié des cantons pour le second tour, éliminant souvent la gauche au passage. Les binômes du Front national seront présents dans 772 duels, 297 triangulaires et l'unique quadrangulaire programmés dimanche 29 mars, selon les résultats partiels communiqués par le ministère de l'Intérieur.

Le mode de scrutin, majoritaire à deux tours, n'est pas le plus favorable au FN, plus habitué aux succès lors des élections à la proportionnelle, mais le parti parvient à dépasser la barre symbolique des 50% dans plusieurs cantons dès le premier tour. A l'issue du vote, dimanche 22 mars, le FN compte déjà huit conseillers départementaux, alors qu'il n'avait obtenu l'élection que de deux conseillers généraux aux cantonales de 2011.

Non, car le FN continue sa progression dans ses fiefs

"Les élections locales sont liées à l'implantation, commente Marine Le Pen dans Le Monde. Et nous avons un déficit d'implantation, alors que nous sommes confrontés à des candidats qui sont souvent des sortants." Au lendemain du premier tour, le Front national confirme déjà sa progression dans ses nouveaux fiefs, conquis lors des municipales de 2014.

Les binômes frontistes réalisent d'importants scores dans les cantons où sont implantées des mairies FN. A Béziers (Hérault), dirigée par Robert Ménard, élu l'an passé avec le soutien du Front national, le parti arrive nettement en tête du premier tour dans les trois cantons de la ville, avec entre 44% et 47% des voix. Même chose à Beaucaire (Var), où les candidats FN se positionnent en ballottage très favorable pour le second tour (49,28%).

Les maires FN candidats s'en sortent bien. Au Pontet (Vaucluse), Joris Hébrard a vu son élection à la mairie invalidée, ce qui ne l'empêche pas de rafler un fauteuil de conseiller départemental dès le premier tour, avec 53,7% des voix. A Hayange (Moselle), le maire Fabien Engelmann arrive largement en tête du premier tour, avec 39,39% des suffrages. Il sera opposé dimanche prochain à une liste socialiste : son élection dépendra donc en partie du report des voix de la droite.

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