Congrès du Rassemblement national : à neuf mois de la présidentielle, Marine Le Pen fragilisée

Marine Le Pen doit être réélue samedi sans surprise à la présidence du parti, mais elle arrive fragilisée après les mauvais résultats aux élections régionales et départementales. 

Article rédigé par
Hadrien Bect - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, lors d'un déplacement à Toul en Meurthe-et-Moselle le 9 juin 2021.  (PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN/MAXPPP)

Le Rassemblement national tient son congrès samedi 3 juillet à Perpignan dans la ville de Louis Aliot, maire RN de la ville. Marine Le Pen, qui prendra la parole à 15 heures, est assurée d'être réélue à la tête du RN, ultime étape avant d'être désignée candidate pour l'élection présidentielle. Cependant, ce qui aurait dû être un grand raout pour se projeter sur 2022 risque bien de se transformer en une réunion à l'ambiance bien plus morose à cause des élections régionales. Le bilan est mauvais : aucune région remportée et le parti perd un tiers de ses élus régionaux et départementaux. 

"On ne dit plus rien sur rien, on ne nous écoute plus"

Derrière la façade d'un parti qui veut passer à autre chose, on entendra résonner des interrogations dans les couloirs du palais des congrès de Perpignan. Depuis une semaine au Rassemblement national, on cherche à comprendre pourquoi les électeurs du parti ont boudé ses candidats aux élections régionales. Officiellement, c'est la faute de l'abstention, voire du gouvernement qui n'a pas assez communiqué. L'explication est un peu courte et certains se demandent s'il n'y a pas un sujet de ligne politique ou si le ripolinage du discours de Marine Le Pen a atteint ses limites. "On ne dit plus rien sur rien, donc on ne nous écoute plus", déplore un cadre local.

La présidente du RN se fait plus discrète, peut-être moins caricaturale sur ses fondamentaux comme l'immigration et l'insécurité, au profit de sujets comme la dette et la taxation de l'héritage pour se crédibiliser. D'autres critiquent une trop forte ouverture avec des têtes de listes régionales venues de la droite. Un choix qui a poussé le délégué du parti dans l'Hérault a claqué la porte cette semaine. "Des gens qui n'ont pas été investis ou qui sont amers", balaie-t-on au siège du RN.

"Changer de ligne serait un hors sujet total"

Nombreux sont ceux qui s'inquiètent de la gouvernance pyramidale du parti. "Tout est décidé par Marine et quelques proches", explique un élu local qui en a fait les frais. C'est peut-être pour cette raison peu probable que le congrès se transforme en forum de discussion. "Ce congrès ne servira à rien", pronostique le même élu. 

On n'imagine pas un grand changement de ligne de Marine Le Pen ce week-end. "Changer de ligne serait un hors sujet total, le RN ne redeviendra pas le FN", défend un proche de Marine Le Pen. Il n'est pas question de revenir aux outrances, ni de montrer un visage plus radical. Le parti fait le pari aussi que l'abstention n'est que conjoncturelle et que les électeurs RN se mobiliseront à nouveau pour la présidentielle.

Il n'empêche, les fidèles du parti ont beau minimiser cet accident électoral, Marine Le Pen doit marteler sa stratégie, sa ligne dans son discours samedi après-midi. Une présidente du RN en défense, preuve que les régionales ont bel et bien ébranlé la patronne du Rassemblement national. 

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