Rassemblement national : un tiers des permanences départementales ont fermé par manque d'argent

Depuis la saisi de deux millions d'euros dans les caisses du Rassemblement national par la justice, le parti de Marine Le Pen doit réduire ses dépenses.

Marine Le Pen, lors d\'un meeting, le 15 avril 2017, à Perpignan (Pyrénées-Orientales).
Marine Le Pen, lors d'un meeting, le 15 avril 2017, à Perpignan (Pyrénées-Orientales). (ALAIN JOCARD / AFP)

Un tiers des permanences départementales du Rassemblement national, le parti de Marine Le Pen, ont été fermées par manque de moyens financiers, rapporte France Inter, vendredi 7 septembre. Début juillet, la justice a saisi deux millions d'euros dans les caisses du parti dans le cadre de l'affaire des assistants d'eurodéputés du Front national.

Le parti est à l’arrêt. Plus aucune affiche, pas le moindre tract, rien. On arrive à peine à payer les salaires.Un cadre du partià France Inter

Le RN n'a donc plus aucune vitrine dans la Manche, les Vosges, en Corse, ou dans le Morbihan. Les fédérations ont, en moyenne, perdu la moitié de leurs adhérents en un an. Depuis cette saisie judiciaire, le siège ne leur reverse plus un centime. Impossible donc de payer les loyers. Le parti s’était pourtant engagé à reverser aux fédérations, en moyenne, 50% du montant du loyer de la permanence. Depuis cet été, il ne verse plus un centime. Les fédérations, seules, n’ont pas toujours les moyens de prendre en charge l’intégralité des loyers.

Faire des économies à tout prix

Il y a une quarantaine de salariés au siège du Rassemblement national à Nanterre, dans les Hauts-de-Seine. Cela représente donc 250 000 euros de salaires par mois, trois millions d’euros par an. Beaucoup trop, aux yeux de la direction. Mais "on n’a même pas d’argent pour payer les licenciements, se désole un élu. Alors, les goodies, les drapeaux, les porte-clés, on oublie...". Cela n’a rien d’anodin dans un parti qui vient de changer de nom et qui aurait besoin d’afficher partout sa nouvelle marque. Sur l'état des finances, un autre signe ne trompe pas. Certains des fidèles de Marine Le Pen, comme Jordan Bardella ou Kevin Pfeffer, commencent à payer eux-même leurs tracts et leurs allers-retours en train.

Marine Le Pen tenait à organiser une grande université d’été à Fréjus pour la rentrée. Elle a dû renoncer à cet évènement, mais souhaitait tout de même rassembler les cadres de son parti. Elle a visiblement trouvé une astuce, en organisant une session de formation des élus samedi 15 et dimanche 16 septembre. Celle-ci sera animée comme toujours par l’Iforel, mais à Fréjus. Cela permet aux conseillers régionaux, par exemple, de voir leurs aller-retours intégralement remboursés par les collectivités, au titre de la formation. Le parti ne paiera, ainsi, presque aucun frais pour ce week-end sur la Côte d’Azur. Un peu plus de 30 000 adhérents seraient à jour de cotisation.