Appel aux dons du Rassemblement national : "Aujourd'hui, le compte n'y est pas", selon le porte-parole du parti

Sébastien Chenu, porte-parole du Rassemblement national (RN, ex-FN), est notamment revenu, jeudi matin, sur l'appel aux dons après le gel de 2 millions d'euros d'aide publique dans l'affaire des emplois présumés fictifs d'assistants d'eurodéputés du parti.

Sébastien Chenu, porte-parole du Rassemblement national.
Sébastien Chenu, porte-parole du Rassemblement national. (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / RADIO FRANCE)

Alors que le Rassemblement national (RN, ex-FN) a lancé un appel aux dons après le gel de 2 millions d'euros d'aide publique dans l'affaire des emplois présumés fictifs d'assistants d'eurodéputés, Sébastien Chenu a expliqué, jeudi 2 août sur franceinfo, qu'"aujourd'hui, le compte n'y est pas". Selon le porte-parole du parti et député du Nord, "un peu plus de 500 000 euros" ont été récoltés.

On continue à solliciter les Françaises et les Français, pas seulement ceux qui pensent comme nous ou qui votent pour nous, mais qui sont attachés au pluralisme démocratique.Sébastien Chenu

Le Rassemblement national, qui risque la cessation de paiement, a fait appel, mais celui-ci n'est pas suspensif. Cet appel sera examiné lundi 6 août, a confirmé Sébastien Chenu. "Je rappelle que cette subvention, c'est l'argent que nous obtenons à travers le vote des électeurs aux élections législatives. C'est donc l'argent que les Français ont souhaité nous donner à travers leur bulletin de vote", a estimé le porte-parole du RN.

Selon lui, "il y a deux poids deux mesures" : "Monsieur Bayrou a exactement la même problématique que nous sur l'affaire des assistants parlementaires européens. Il n'y a toujours pas de juge désigné pour instruire cette affaire-là", a fustigé Sébastien Chenu. "On nous fait une guerre. Les deux juges [Renaud Van Ruymbeke et Claire Thépaut] sont archi-politisés et mènent une guerre tout à fait personnelle et politique contre le RN."

Sébastien Chenu est aussi revenu sur la politique migratoire. "Je veux bien qu'on se donne bonne conscience ad vitam aeternam, je ne suis pas un salaud, je considère qu'on doit tendre la main à l'homme qui se noie, mais nous ne pouvons pas accueillir toute cette misère", a déclaré le porte-parole du RN alors que le navire Aquarius a repris la mer mercredi pour poursuivre ses missions de sauvetage de migrants au large de la Libye.

"Nous, nous considérons que nous ne pouvons plus accueillir d'immigration aujourd'hui sur notre territoire (…) Arrêter le phénomène migratoire ne suffit pas, mais je pense que c'est la première chose à faire sur notre territoire. Il y a dans notre pays une souffrance telle liée à ces replis communautaires qui fait que nous devons ouvrir les yeux", a plaidé Sébastien Chenu.

L'affaire Benalla, un "État parallèle à l'État républicain"

Interrogé sur l'affaire Benalla, Sébastien Chenu a accusé Emmanuel Macron d'être "garant d'un État de passe-droits", alors que "le président de la République est garant de notre État de droit et ce que cela a mis en lumière, c'est qu'il est plutôt garant d'un État de passe-droits et qu'on a vu que la République si exemplaire d'Emmanuel Macron sur laquelle il a été élu, c'était du bidon".

Pour Sébastien Chenu, l'affaire Benalla est "un grain de sable qui s'est mis dans la mécanique présidentielle" et qui révèle selon lui l'existence d'un "État parallèle à l'État républicain". "Ce que l'on est en train de subodorer, de voir et de comprendre, c'est qu'il y a une structure parallèle à l'Elysée, avec la complicité du parti politique En marche !, pour doublonner les institutions de la République", a ajouté l'élu RN, dénonçant "une sorte de totalitarisme de moins en moins soft et de moins en moins glamour qui s'installe en France".

À ses yeux, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb et le secrétaire d'État Christophe Castaner, par ailleurs délégué général de LREM, "ne sont plus crédibles". "Colomb et Castaner n'ont plus rien à faire dans ce gouvernement. La réalité, c'est que ces deux ministres n'ont pas été capables d'assumer leurs responsabilités", a estimé Sébastien Chenu, qui appelle Emmanuel Macron à "s'exprimer devant les Français ou devant la représentation nationale".