À Hénin-Beaumont, les militants frontistes n’y croient plus

Forte de 21,43% des voix au premier tour de l'élection présidentielle, Marine Le Pen a appelé dimanche les "patriotes" à la rejoindre. Pour une partie des militants présents ce soir-là à Hénin-Beaumont, son fief, ce scénario a un avant-goût de défaite.

La bataille pour le second tour de la présidentielle démarre lundi entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron, en position de favori, après le \"big bang\" de dimanche.
La bataille pour le second tour de la présidentielle démarre lundi entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron, en position de favori, après le "big bang" de dimanche. (JOEL SAGET / AFP)

Depuis son fief électoral d’Hénin-Beaumont dans le Pas-de-Calais, Marine Le Pen a appelé les "patriotes" à la rejoindre pour "la survie de la France". Avec 7,5 millions de voix récupérée au premier tour de l’élection présidentielle, la candidate frontiste bat le record en nombre de voix de son parti mais n’arrive que deuxième derrière Emmanuel Macron, avec moins de 22%.

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Si certains cadres assurent que ce duel avec l'ancien ministre de l'Économie est leur affiche idéale, pour une partie des militants présents dimanche, à Hénin-Beaumont, ce scénario a un avant-goût de défaite. 

"Les Français n’ont rien compris"

Ils ont beau crier "Marine Présidente" en agitant des drapeaux BBR, ils ont beau se féliciter de la présence au deuxième tour de leur candidate, nombre de militants n’y croient plus. "Je suis déçue, explique Lisa, coiffeuse à Hénin-Beaumont. Je pense qu’au deuxième tour, cela va faire comme il y a cinq ans : on va se retrouver avec le PS en tête avec Macron. Les Français n’ont rien compris."

 Et Lisa ajoute : "Soit on continue avec le poulain de Hollande, soit on décide de renouveler la politique et de mettre l’accent sur le patriotisme. Je crois que c’est vraiment un référendum pour ou contre la France et je pense que nous gagnerons dans quinze jours."

Et si ce n’est pas dans quinze jours, ce sera peut-être dans deux mois, poursuit un militant qui table désormais plus sur des succès aux prochaines législatives, les 11 et 18 juin.