Mur de Berlin, Movida et beau mariage : trois choses à savoir sur Matthias Fekl, le nouveau ministre de l'Intérieur

Il succède à Bruno Le Roux, démissionnaire de la place Beauvau, après les révélations de l'émission "Quotidien" sur les emplois de ses filles comme collaboratrices parlementaires, notamment quand elles étaient lycéennes ou en stage.

L\'ex-secrétaire d\'Etat au Tourisme et au Commerce extérieur, Matthias Fekl, dans son bureau à Paris, le 5 juillet 2016.
L'ex-secrétaire d'Etat au Tourisme et au Commerce extérieur, Matthias Fekl, dans son bureau à Paris, le 5 juillet 2016. (ERIC PIERMONT / AFP)

Une nomination éclair, pour un poste éphémère, à un mois du premier tour de la présidentielle. Mardi 21 mars, Mathias Fekl a succèdé place Beauvau à Bruno Le Roux, contraint à la démission depuis les révélations de l'émission "Quotidien" sur l'emploi de ses filles à l'Assemblée.

Qui est le nouveau ministre de l'Intérieur ? Un trentenaire franco-allemand élevé à Berlin, au parcours brillant, et qui s'est positionné pour une relève à gauche.

Il a assisté à la chute du mur de Berlin

Mathias Fekl est un fin germaniste. Et pour cause : s'il a une mère française (professeur d'allemand), son père est allemand (professeur de français). Né à Francfort le 4 octobre 1977, le jeune Matthias a grandi à Berlin, où il a assisté, à douze ans, à la chute du mur qui séparait la ville entre l'Ouest et le monde soviétique.

Au Journal du Dimanche, il a raconté ses souvenirs du mois de novembre 1989 : "Je me souviens (...)  de scènes de liesse. C'était incroyable, tout s'est déréglé. Je me souviens qu'à la télé, un officiel est-allemand annonce la chute du mur, c'est-à-dire la fin du XXe siècle, de manière tout à fait bureaucratique. Il dit : 'A partir de ce soir, nous avons donné instruction à tous nos postes de ne plus exiger le formulaire Y pour sortir du pays.' (...) À cet âge, on ne comprend pas tous les enjeux, mais on saisissait l'effervescence de la ville, on percevait qu'on était au cœur de l'Histoire. Le 9 novembre, on est allés avec notre petite pioche prendre un bout du mur. Dans les jours qui suivirent, on a tous un peu fait l'école buissonnière. Et on partait au fur et à mesure regarder le mur tomber dans toute la ville."

Il se marie avec la nièce d'Olivier Schrameck, le président du CSA

Le jeune homme va ensuite choisir de faire ses études supérieures au pays de la langue de Molière plutôt que celle de Goethe. Il coche toutes les cases d'un parcours d'excellence : Normale Sup' (Lyon), puis l'ENA, sans oublier deux maîtrises, d'allemand et de philosophie.

Après ce brillant parcours, il se marie avec Astrid Rioust de Largentaye, "nièce d'Olivier Schrameck - l'ex-directeur de cabinet de Lionel Jospin à Matignon - et petite-fille de Jean de Largentaye - premier traducteur de Keynes en France, et proche de Pierre Mendès France", précise le Journal du Dimanche. Tôt inscrit au Parti socialiste, il est élu en 2012, à 34 ans, député socialiste de Lot-et-Garonne dans la vague rose de 2012. On le classe alors plutôt du côté de la deuxième gauche, celle de Michel Rocard.

Il fonde "Movida", pour "la gauche de demain"

A la fin du quinquennat, il prend acte que le PS est à reconstruire... de préférence avec son propre mouvement. Avec son ami Thierry Mandon, le jeune député devenu secrétaire d'Etat au Commerce extérieur et au Tourisme fonde donc Movida, un "mouvement pour la vie des idées et des alternatives", qui sera lancé le jour de ses 39 ans, le 4 octobre 2016. Objectif, souligne Le Monde : "Porter la gauche de demain."  Le nom, censé évoquer l'ébullition culturelle de l'après-Franco, en Espagne, traduit le désir de renouveau cher à cet "amoureux des lettres, curieux, gourmand de bons romans comme de bons plats", selon Libération. Mais aussi sa recherche d'idées neuves.

Avant d'être nommé place Beauvau, le nouveau ministre de l'Intérieur a fait connaître son soutien à Benoît Hamon, qui cherche, lui aussi, à incarner une nouvelle gauche. Avant de défendre ses propres intérêts ? "Avec Movida, M. Fekl jure ne pas créer 'une boutique de plus au service d’une ambition individuelle'. Mais l’homme sait que, dans sa génération, il incarne un futur produit d’appel au sein du PS", conclut Le Monde.