"Aujourd'hui, je suis à deux doigts d'être aimé" : ce qu'il faut retenir de l'interview de François Hollande à "L'Obs"

L'hebdomadaire publie, jeudi, une longue interview du chef de l'Etat dans laquelle il livre ses confidences avant de quitter le palais de l'Elysée.

Le président de la République, François Hollande, à Bruxelles (Belgique), le 29 avril 2017.
Le président de la République, François Hollande, à Bruxelles (Belgique), le 29 avril 2017. (WIKTOR DABKOWSKI / WIKTOR DABKOWSKI)

C'est l'heure de faire les cartons pour François Hollande. A quelques jours de quitter le palais de l'Elysée qu'il aura occupé cinq années, le chef de l'Etat a accordé une longue interview à paraître dans L'Obs, jeudi 4 mai. Il y évoque ses derniers instants de président de la République. La rencontre a eu lieu dans les jardins de l'Elysée, le 11 avril dernier, c'est-à-dire deux semaines avant le premier tour de la présidentielle. Franceinfo vous résume ce qu'il faut retenir de cet entretien.

Il n’éprouve "aucune mélancolie" avant de quitter l’Elysée

C'est serein que François Hollande vit ses tous derniers jours de président de la République. "Je n'éprouve aucune mélancolie à l'idée de quitter cette maison, dont je ne suis que le locataire provisoire, explique-t-il à L'Obs. Cinq ans de plus, cela aurait été encore cinq années d'intranquillité permanente, de privation de vie personnelle et de liberté. Etre ici, c'est un don total de soi, un sacerdoce." Surtout avec la menace terroriste : "Pour des raisons de sécurité, renforcée après les attentats, je vis jour et nuit à l'Elysée. Et l'Elysée ne peut pas être un chez-soi."

Il regrette de ne pas avoir "davantage rassemblé"

François Hollande termine son mandat sans avoir tout dit et tout fait. Par exemple, il regrette de partir sans "avoir mieux convaincu ni davantage rassemblé". Pour le reste, il semble avoir moins de reproches à se faire. "Franchement, à l'exception de ma vie privée et de la fâcheuse histoire Cahuzac, que j'aurais préférée éviter, je n'ai rien à retrancher. Je pars sans que mon honnêteté ait été prise en défaut. Et sans m'être enrichi. En ayant toujours veillé à ne rien montrer de mes fêlures, de mes blessures. Question de pudeur."

Il dit avoir été "atteint" par son impopularité

François Hollande ne fait pas dans la langue de bois quand il s'agit d'évoquer sa cote de popularité. "Je reconnais que j'ai été un président impopulaire", mais pas plus ou pas moins que ses prédécesseurs, dit-il. "Mitterrand a pu être impopulaire et haï. Sarkozy a pu être populaire et haï."

Lui admet avoir été impopulaire "très tôt" dans son mandat, "et cela m'a atteint". En revanche, "cela ne m'a jamais empêché de gouverner", glisse-t-il à l'hebdomadaire. Puis il précise : "Je n'ai pas senti de grande hostilité contre moi, sauf à la période du mariage pour tous. Aujourd'hui, je suis à deux doigts d'être aimé !", lâche-t-il dans un éclat de rire.

Il souhaite écrire un livre, mais ne veut pas travailler dans le privé

Et maintenant, que faire ? Après avoir passé cinq ans à l'Elysée, François Hollande va devoir trouver d'autres occupations. Son avenir est encore flou, mais il sait déjà ce qu'il ne veut pas faire : "Exercer une activité privée, une charge politique locale ou une responsabilité à l'échelon européen." Ecrire un livre l'intéresserait : "Je me dois d'expliquer, dans un livre direct, ce que je n'ai sans doute pas assez expliqué."

Il fait remarquer que lui est "encore en bonne santé et à un âge où tout est possible", au moment de quitter sa fonction présidentielle, "contrairement à Mitterrand et à Chirac".

En toute fin d'entretien, François Hollande lance une petite pique à l'adresse de son prédécesseur, Nicolas Sarkozy. "Moi, contrairement à lui, je ne renonce à rien. Ce n'est pas la fin de ma vie, c'est le début d'une nouvelle..." Une référence au fait que l'ancien président a annoncé par deux fois (en 2012 et 2016) qu'il quittait la vie politique.