François Hollande renonce à amputer le budget de la recherche de 134 millions d'euros

Des prix Nobel avaient dénoncé dans une tribune ces coupes budgétaires qui "s'apparentent à un suicide scientifique et industriel".

François Hollande, le 24 mai 2016 à l\'Elysée.
François Hollande, le 24 mai 2016 à l'Elysée. (PATRICK KOVARIK / AFP)

Les chercheurs ont convaincu François Hollande. Le chef de l'Etat, qui a reçu cinq prix Nobel français et un lauréat de la médaille Fields, lundi 30 mai, renonce à annuler 134 millions d'euros de crédits de recherche. Le président "nous a fait part du fait que le gouvernement attachait une grande importance à la recherche (...) et qu'il ne fallait pas donner un signal décourageant", a déclaré le physicien Serge Haroche après la rencontre à l'Elysée.

Pour financer les différentes mesures (plan emploi, agriculture, sécurité etc.) annoncées depuis janvier, le gouvernement avait préparé un projet de décret prévoyant au total 1,1 milliard d'euros d'économies supplémentaires en 2016. Dans une tribune au Monde, Françoise Barré-Sinoussi, Claude Cohen-Tannoudji, Albert Fert, Serge Haroche, Jean Jouzel, Jules Hoffmann, Jean-Marie Lehn et Cédric Villani avaient dénoncé ces coupes budgétaires qui "s'apparentent à un suicide scientifique et industriel".

La Mission interministérielle recherche et enseignement supérieur (Mires) était appelée à fournir un quart de cet effort, avec 256 millions d'euros d'annulations de crédit, dont 134 millions d'euros concernent les subventions allouées aux organismes de recherche. Le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) était mis à contribution à hauteur de 64 millions d'euros, le CNRS de 50 millions, l'Inria et l'Inra de 10 millions chacun.