Affaire Fillon : pour Gérard Longuet, les faits reprochés ne sont pas "délictuels"

L'ouverture d'une information judiciaire dans l'affaire Fillon est une "bonne nouvelle", estime Gérard Longuet, interrogé samedi sur franceinfo. 

François Fillon et Gérard Longuet, le 28 août 2016.
François Fillon et Gérard Longuet, le 28 août 2016. (JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)
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Dans la soirée de vendredi, trois juges d'instruction ont été désignés pour enquêter sur les soupçons d'emplois fictifs visant la famille de François Fillon. Le parquet national financier (PNF) a annoncé avoir ouvert une information judiciaire contre X pour "détournement de fonds publics, abus de biens sociaux, complicité et recel de ces délits, trafic d'influence et manquements aux obligations de déclaration à la Haute Autorité sur la transparence de la vie publique".

Gérard Longuet, sénateur Les Républicains de la Meuse et conseiller politique de François Fillon, a défendu ce samedi 25 février sur franceinfo la candidature de ce dernier à la présidentielle. Il a estimé que "sur le fond", les faits qui lui sont reprochés ne sont pas "délictuels". Selon lui, le candidat LR "a raison" de continuer à faire campagne.

franceinfo : François Fillon peut-il continuer à faire campagne ?

Gérard Longuet : Paradoxalement, c’est une bonne nouvelle que le parquet national financier ait été saisi. Le PNF communique notoirement avec la presse. Il est sans doute à l’origine des fuites vers le journal Le Monde. C’est donc une institution qui ne respecte pas les règles du jeu. Les juges d’instruction, désignés par le doyen des juges de Paris, instruiront à charge et à décharge. Ils vont écouter les griefs éventuels, mais aussi les explications. Cela va prendre du temps car les faits sont anciens, ils ont plus de 20 ans. La défense peut accéder au dossier, mais je vous rappelle que l’instruction est ouverte contre X.

Selon vous, tout ce qu'a fait François Fillon est-il légal ?

Oui. On va se rendre compte que ce qui concerne François Fillon n’est pas délictuel et qu’il y a peut-être des sujets qu’il faut approfondir. (...) Aucun des faits de mon point de vue n’est délictuel, sinon les bureaux du Sénat et de l’Assemblée nationale se seraient saisis en vertu de l’article 40 qui oblige un fonctionnaire à dénoncer ce qui serait un délit dont il aurait connaissance. Cela n’a jamais été fait parce que manifestement la façon dont il a géré ses assistants n’est peut-être plus ce qui se fait aujourd’hui, mais sur le fond, ce n’est pas délictuel. Les juges vont pouvoir l’établir, simplement ça va durer longtemps. Le temps judiciaire n’est pas le temps médiatique.

A-t-il raison de vouloir aller jusqu'au bout ?

Oui, il a raison. Ce qui est étonnant dans cette justice, c’est qu’elle découvre des faits qui ont parfois 20 ans d’ancienneté, ou dans le cas des assistants de Marine Le Pen, deux ou trois ans d’ancienneté. Ils ne sont traités qu’au moment de la campagne électorale, comme si on voulait impressionner les électeurs et leur dire : "Vous n’avez pas le droit de choisir un tel ou un tel". Je pense profondément que les électeurs doivent choisir librement et ne pas se laisser impressionner. Je ne pense pas que la justice puisse être l’arbitre du choix des Français dans des faits qui ne sont pas des délits établis.

Gérard Longuet : "Paradoxalement, c’est une bonne nouvelle que le parquet national financier ait été saisi"
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