François Bayrou livre sa méthode de gouvernement

Lors d'une conférence de presse, mercredi 30 novembre, François Bayrou a dévoilé son agenda 2012-2020. Ni programme en bonne et due forme, ni catalogue de mesures, il s'agit du discours de la méthode du candidat MoDem pour 2012 et après.

François Bayrou lors de la présentation de son agenda 2012-2020
François Bayrou lors de la présentation de son agenda 2012-2020 (Lionel Bonaventure AFP)

Lors d'une conférence de presse, mercredi 30 novembre, François Bayrou a dévoilé son agenda 2012-2020. Ni programme en bonne et due forme, ni catalogue de mesures, il s'agit du discours de la méthode du candidat MoDem pour 2012 et après.

La démarche est originale. François Bayrou présente son programme avant sa déclaration de candidature prévue dans une semaine.

Il ne s'agit pas à proprement parler d'un programme mais plus d'une méthode de gouvernement.

Elle est explicitée dans ce que M. Bayrou appelle son agenda 2012-2020, référence explicite à l'agenda 2010 de Gerhard Schröder, ancien chancelier allemand.

"Gouverner c'est prévoir"

Il s'agit de prendre en compte l'urgence, le moyen terme et le plus long terme sans les opposer mais en les rendant cohérents. "Nous voulons réhabiliter le gouverner c'est prévoir, en faire une règle d'action", résume M. Bayrou devant la presse. Cette maxime de la sagesse populaire est le slogan de la campagne du candidat.

Et M. Bayrou illustre la philosophie de cet agenda par l'exemple des formes d'une nouvelle démocratie. Objectif : une démocratie dont nous pouvons être fiers. 2012 : une loi cadre pour les décisions de principe (conflits d'intêrets, proportionnelle) mais les "nouvelles règles s'appliqueront dans leur intégralité en 2017". Une volonté de rompre avec la frénésie législative du quinquennat Sarkzozy.

Des textes seront écrits "dans une expression sobre, lisible par tous".

Le contre-exemple du traitement de la dette

M. Bayrou a opposé cette vision à la façon dont est traitée la crise de la dette.

"S'il est un domaine où rie n'a été prévu, où aucun cap clair n'a été dégagé, où les gouvernants ont choisi l'improvisation permanente et à courte vue, c'est bien cette crise européenne", a-t-il déclaré

"Je suis en désaccord avec Nicolas Sarkozy", a-t-il poursuivi, " il a choisi de jumeler la position de la France avec celle de l'Allemagne de peur que le parapluie allemand disparaisse au-dessus du triple A français. C'est tactique mais pas stratégique."

M. Bayrou propose l'engagement de la Banque centrale européenne (BCE) et le refinancement de la dette des Etats à des taux raisonnables.

"Du jamais vu, on va en voir"

Enfin M. Bayrou est revenu sur les discrètes mains tendues de François Hollande ou Alain Juppé à son endroit.

"Ces responsables se rendent compte qu'avec leurs majorités, ils ne pourront pas gouverner la France. Ils en ont une conscience brûlante, même s'ils ne le diront jamais. Mais pour avoir une majorité nouvelle, le mieux c'est d'avoir un président nouveau", a proclamé M. Bayrou, visiblement heureux de revenir dans le jeu politique.

Comme au bon vieux temps de mars 2007, même s'il sait qu'il peut capitaliser sur l'ancienne campagne, il lui faudra aussi apporter un souffle nouveau.

"Du jamais vu, on va en voir dans les temps qui s'annoncent", conclut-il dans une promesse qui s'apparente à l'usage de la méthode Coué.