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Face au FN, la gauche veut un front républicain, la droite refuse

Malmenée au premier tour des élections municipales dimanche soir, la gauche a appelé à la constitution d'un front républicain face à la forte montée du Front national. Mais la droite refuse et maintient sa stratégie du "ni-ni".
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Radio France
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 (Maxppp)

Les bons scores du FN conjugués aux mauvais scores d'une partie de la gauche ont provoqué une série d'appels au Front républicain à gauche dès dimanche soir. Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, qui demandait en début de semaine à ce qu'il n'y ait aucun maire FN lors de ces municipales, a perdu son pari avec l'élection dès le premier tour de Steeve Briois à Hénin-Beaumont. Jean-Marc Ayrault a été l'un des premiers à demander ce dimanche soir la constitution d'un front républicain pour faire barrage au parti de Marine Le Pen.

"Ce premier tour a été marqué par un taux élevé d'abstention en particulier en milieu urbain, et par une progression du Front national ", n'a pu que reconnaître dans la soirée le chef du gouvernement. "Là où le Front national est en situation de l'emporter au second tour, l'ensemble des forces démocratiques et républicaines ont la responsabilité de créer les conditions pour l'empêcher ", a-t-il poursuivi.

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La porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem a également défendu l'idée d'un front républicain, tout comme le président du Parti radical de gauche (PRG), Jean-Michel Baylet. Ce dernier a appelé de ses voeux au "rassemblement de tous les républicains et de tous les démocrates pour faire barrage à l'extrémisme et empêcher la victoire du Front national dimanche prochain ".

La secrétaire nationale d'Europe Ecologie Les Verts (EELV) Emmanuelle Cosse a dit dimanche soir que le parti était "prêt à retirer (ses) listes " au profit de l'UMP dans les villes où le FN est en tête et l'UMP deuxième. "Actuellement nous discutons avec nos candidats qui sont arrivés en troisième ou quatrième position dans des villes où le FN est en tête et l'UMP en deux, nous sommes clairement prêts à retirer nos listes ", a-t-elle dit sur BFMTV.

Pour la droite, "ni front républicain, ni Front national "


Mais l'UMP a d'ores et déjà annoncé qu'elle resterait fidèle à sa ligne de conduite, la même depuis 2011, le "ni front républicain ni Front national ". "Nous nous sommes tous mis d'accord à l'UMP pour refuser toute alliance avec le Front national et refuser le front républicain, c'est-à-dire appeler à voter plutôt pour le candidat socialiste que le candidat FN, en retirant éventuellement nos candidats ", a annoncé Henri Guaino, ex-conseiller de Nicolas Sarkozy et député des Yvelines.

L'ex-Premier ministre, François Fillon, a confirmé cette position en appelant à ne faire "aucun désistement " en faveur de la gauche, ni "alliance " avec le FN. De son côté, le président de l'UMP, Jean-François Copé, confortablement élu pour la quatrième fois consécutive à Meaux avec 64% des voix, a affirmé que "les conditions d'une grande victoire sont réunies pour le second tour ".

Selon un sondage Ipsos-Steria effectué dimanche soir, une majorité (47%) des sympathisants UMP et UDI est favorable au maintien de la liste de droite qui serait arrivée en troisième position derrière le FN et la gauche au premier tour des municipales. Ils sont 25% à souhaiter que cette liste "se retire et ne donne pas de consigne de vote ", tandis que 18% veulent qu'elle "se retire et appelle à voter pour la liste du Front national ". Seuls 10% souhaitent qu'elle "se retire et appelle à voter pour la liste de gauche ".

De son côté, la présidente du Front national, Marine Le Pen, a promis le maintien du FN partout "où nous en avons la possibilité ", mais a laissé une porte ouverte à des réexamens et d'éventuels retraits "dans quelques villes ". "La règle est que nous nous maintenions partout où nous en avons la possibilité. Le bureau exécutif du Front national se réunira en revanche demain à Nanterre pour examiner les situations locales et décider d'exceptionnels accords de second tour dans quelques villes ", a déclaré dimanche soir la présidente du parti, lors d'une allocution au siège du Front national.

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