Face à la montée de Mélenchon, François Hollande ressort Arnaud Montebourg

Officiellement la montée dans les sondages de Jean-Luc Mélenchon n'inquiète pas le camp Hollande. Mais faut-il voir dans la participation mercredi d'Arnaud Montebourg au meeting de François Hollande, à Nice, une réponse à cette progression ?

Arnaud Montebourg au meeting de Hollande à Nice
Arnaud Montebourg au meeting de Hollande à Nice (VALERY HACHE / AFP)

Officiellement la montée dans les sondages de Jean-Luc Mélenchon n'inquiète pas le camp Hollande. Mais faut-il voir dans la participation mercredi d'Arnaud Montebourg au meeting de François Hollande, à Nice, une réponse à cette progression ?

Arnaud Montebourg, "représentant spécial" de François Hollande, poste auquel il a été nommé il y a deux semaines, a affirmé jeudi sur Europe 1 que le programme du PS avait beaucoup de points communs avec celui de Jean-Luc Mélenchon. "Les gauches ont une habitude de travail en commun depuis le Front populaire, François Mitterrand, Lionel Jospin", a rappelé le député de Saône-et-Loire en soulignant que les "programmes n'étaient pas si divergents que cela".

François Hollande "veut s'attaquer à la finance, la mettre au pas" a insisté Arnaud Montebourg. Finalement, nous avons beaucoup de convergences et c'est cela qui compte. Avec le Front de gauche "nous avons besoin de faire le chemin ensemble", a poursuivi M. Montebourg. Il a exhorté à "rechercher ce que nous pouvons faire ensemble", plutôt "que de rechercher absolument ce qui nous empêcherait d'agir ensemble".

Le message est clair. François Hollande est de gauche. Et Arnaud Montebourg, qui a imposé son slogan de "démondialisation" lors de la primaire socialiste, est là pour le montrer et le dire aux électeurs de gauche tentés par Jean-Luc Mélenchon.

"Donnez moi la force nécessaire"

De son côté, le candidat socialiste fait mine de ne rien montrer et de ne rien dire. Dans ses discours, pas trace de messages sur une quelconque menace à sa gauche. Comme toujours, François Hollande en appelle seulement à la nécessité de créer une dynamique dès le premier tour. "Donnez-moi dès le 22 avril la force nécessaire. Je suis candidat non pas pour exprimer simplement une colère, un refus, une volonté de m'opposer, mais pour gagner. Je veux rassembler dès le premier tour le plus grand nombre d'électeurs", a-t-il encore affirmé mercredi à Nice.

Après son discours, François Hollande a d'ailleurs précisé : "Mélenchon ne représente pas une menace. Il a bien le droit de penser qu'il peut arriver au deuxième tour. Mais chacun peut comprendre qui est en capacité demain de gagner et de réussir".

Néanmoins, mercredi, à Nice, c'est Mélenchon qui a ouvert le meeting en plein air. Et, comme prévu, il a fait un discours très à gauche dénonçant les "trois crises" (mondialisation, financière et écologique) que "nous devons affronter".

L'ex-numéro trois de la primaire et chantre de la démondialisation a terminé son discours en rendant hommage au candidat socialiste : "je veux remercier François Hollande, le candidat étincelant du Bourget, qui fait face avec force et solidité, avec détermination et tranquillité, avec simplicité et humanité, a affirmé Arnaud Montebourg à Nice. "Je veux remercier François Hollande d'avoir engagé la France dans la transition économique, la transition industrielle, la transition écologique, la transition européenne avec des idées nouvelles, avec des solutions nouvelles et avec des générations nouvelles".

Transition écologique, une formule directement utilisée par Mélenchon qui parle plus volontiers de "planification" écologique.

Arnaud Montebourg a lui aussi incité les électeurs à penser au premier tour : "Ne vous dispersez pas. Ne vous éloignez pas", a-t-il lancé.



"Terrible ambiguité de Hollande"

Jean-Luc Mélenchon a indirectement répondu jeudi matin, sur France Info, à Arnaud Montebourg. Le candidat du Front de gauche a ironisé jeudi sur "la terrible ambiguité" de François Hollande. "Je lui ai déjà dit, tu ne peux pas avoir en même temps M.Bayrou qui propose l'austérité et le Front de gauche qui prône la relance économique".

De quoi refaire dire à Arnaud Montebourg : "Jean-Luc Mélenchon devrait s'interroger sur l'utilisation que fait Nicolas Sarkozy des mots qu'il emploie", a déclaré l'élu de Saône-et-Loire, interrogé par Europe 1. "D'ailleurs, j'ai observé que Jean-Luc Mélenchon est la nouvelle mascotte du Figaro. Nicolas Sarkozy multiplie les compliments à l'encontre de Jean-Luc Mélenchon"