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Eva Joly reconnaît ses "handicaps" et avoue qu’elle ne refuserait pas d’être ministre de la justice

Alors qu’elle ne décolle pas dans les sondages, Eva Joly est revenue mercredi pour Libération sur sa difficile campagne. La candidate EELV déplore le manque de débats sur l’international et avoue qu’elle ne refuserait pas le ministère de la justice.
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Eva Joly explique à Libération multiplier les "handicaps lourd". (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Alors qu'elle ne décolle pas dans les sondages, Eva Joly est revenue mercredi pour Libération sur sa difficile campagne. La candidate EELV déplore le manque de débats sur l'international et avoue qu'elle ne refuserait pas le ministère de la justice.

Après Jean-Luc Mélenchon, candidat en dynamique du Front de gauche, Libération a reçu Eva Joly, la prétendante d'EELV à la présidentielle. Pour le quotidien, l'ancienne magistrate s'est épanchée sur sa difficile campagne, sur le tournant des tueries de Toulouse et Montauban ainsi que sur l'éventualité d'une participation à un gouvernement de gauche après mai. Morceaux choisis.

Tueries de Toulouse et Montauban

"Ce drame a réintroduit la gravité dans ce qui devenait une compétition indexée sur la médiocrité et la prime aux grandes gueules. Celles ou ceux qui instrumentaliseraient Toulouse en seraient pour leurs frais car les Françaises et les Français sont exaspérés par les postures politiciennes qui jouent avec la vie des gens."

La sécurité

"C'est cette idée mythique d'un monde sans criminalité, sans accident, qui sous-tend toutes les nouvelles lois, de plus en plus répressives. C'est l'idée que si les lois et les juges étaient assez répressifs, nous aurions un monde sans accident et sans crime. C'est notre rôle de le dénoncer."

Marine Le Pen

"Elle excite la haine raciale dans notre pays. Je pense qu'elle a une obsession qui ne l'a jamais quittée, ni elle ni son parti, c'est celle d'être antimusulmans. (…) Nicolas Sarkozy ne résiste pas. Pour chasser les électeurs d'extrême-droite, il a les mêmes arguments de que Marine Le Pen ; c'est ce qui est dramatique."

La gauche ?

"Aujourd'hui, la crise est telle en France qu'il faut rassembler toutes les forces de gauche au deuxième tour et que toutes les forces de gauche doivent se réunir autour d'un projet de société, qui ne peut pas être simplement « dehors Sarkozy »."

Ses "handicaps"

"Pourquoi ma campagne ne démarre-t-elle pas ? (…) J'ai des handicaps qui sont lourds : je suis une femme, je suis d'origine étrangère. Surtout, je ne suis pas issue de l'élite française. Je suis de la société civile, profondément. (…) Lorsqu'on veut entrer dans le cercle, on ne vous fait pas de place."

L'international

"Je pense que la société est régressive. Nos présidentiables font croire que l'on peut régler le problème des Français en France, que l'élection va régler leurs problèmes. C'est vraiment méconnaitre que nous sommes dépendants de ce qui va se passer en Europe."

Ministre ?

"Cela dépend du projet. Personnellement ce n'est pas ma tasse de thé (…) La justice ? C'est peut-être le seul ministère que je ne peux refuser."

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