Meeting d'Eric Zemmour au Trocadéro : "Il y a bien un phénomène Zemmour", selon un spécialiste

À deux semaines de l'élection présidentielle, le candidat d'extrême-droite a tenu dimanche un meeting au Trocadéro à Paris. Selon lui, 100 000 "Français qui ne reculent devant rien" ont fait le déplacement.

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Radio France
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Éric Zemmour, candidat à l'élection présidentielle en 2022, en meeting au Trocadero à Paris, le 27 mars 2022. (BERTRAND GUAY / AFP)

Le meeting d'Éric Zemmour au Trocadéro "dit bien qu'il y a un phénomène Zemmour", estime dimanche 27 mars sur franceinfo, l'expert à la Fondation Jean Jaurès, Mathieu Souquière. "Il a une vraie capacité de mobilisation" et c'est, selon lui, "une vraie démonstration de force". Néanmoins, "on peut imaginer que la séquence de 15 jours qui s'ouvre soit moins défavorable pour lui."

franceinfo : L'entourage d'Éric Zemmour assure qu'il n'a pas entendu le slogan "Macron assassin" à son meeting. Veut-il éviter la polémique ?

Mathieu Souquière : Il peut difficilement assumer ça, mais ce n'est pas véritablement une surprise d'entendre ce genre de propos dans un meeting d'Éric Zemmour. Depuis le début, c'est celui qui se distingue par la radicalité de son discours. On ne s'étonne donc pas qu'on puisse entendre en écho parmi ses soutiens des propos relativement difficiles à assumer. Ce meeting dit bien en tout cas qu'il y a un phénomène Zemmour. Certes, il revendique 100 000 personnes sur une place qui ne peut en contenir que 50 000. Mais en tout état de cause, il a une vraie capacité de mobilisation, hors de toute organisation anciennement instituée.

Quel est son objectif en affirmant être "le seul candidat de droite" ?

C'est son équation depuis le début. Il est venu percuter Marine Le Pen par son extrême-droite en expliquant qu'elle était de gauche. Il prétend également incarner la passerelle avec la droite républicaine et le fait est que les vases communicants électoraux lui donnent pour partie raison puisqu'il a fondé son ascension en siphonnant des voix aux deux camps. Il introduit l'union des droites comme une thématique tout à fait nouvelle. L'extrême-droite n'en voulait pas, dénonçant l'UMPS, et la droite non plus, invoquant le conflit de valeur. C'est la première fois qu'un candidat assume que la droite et l'extrême-droite doivent s'unir.

Tout cela dans un contexte tout de même de baisse dans les sondages. Comment l'expliquez-vous ?

Il est autour de 10 à 12% dans les différentes enquêtes d'opinion, donc attention à ne pas l'enterrer trop vite. Il est clairement celui qui, de tous les candidats, paye le plus son positionnement vis-à-vis de Poutine, de la Russie, et de son refus initial d'accueillir des réfugiés ukrainiens. Mais il a déjà montré une capacité de rebond. Nous verrons d'ailleurs dans quelle mesure ce meeting, qui est une vraie démonstration de force et de ferveur populaire, peut y contribuer. On peut imaginer que la séquence de 15 jours qui s'ouvre et qui est décisive soit moins défavorable pour lui.

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