Le comité d'éthique de Canal+ épingle les propos d'Eric Zemmour sur les mineurs isolés

Fin septembre, Eric Zemmour avait affirmé dans "Face à l'info", sur Cnews, que "tous" les mineurs migrants étaient "voleurs", "assassins" et "violeurs".

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France Télévisions
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Le polémiste Eric Zemmour, au Salon du livre à Paris, 16 mars 2019. (JOEL SAGET / AFP)

"Propos susceptibles de tomber sous le coup de la loi", "manquement à l'honnêteté"... L'émission de Cnews "Face à l'info", où intervient Eric Zemmour, ne "peut pas continuer à être diffusée dans sa forme actuelle", estime le comité d'éthique du groupe Canal+ dans une délibération consultée par l'AFP, jeudi 22 octobre.

Fin septembre, Eric Zemmour, pilier de Cnews, avait affirmé dans "Face à l'info" que "tous" les mineurs migrants sont "voleurs", "assassins" et "violeurs". Il avait, selon le comité, atténué "ses propos en fin d'émission à la suite de la réaction de la présentatrice" Christine Kelly, dont l'attitude est jugée "irréprochable", mais sans "manifester de regret".

Le comité, qui avait été saisi dans la foulée par la direction du groupe Canal+, a dénoncé un "manquement à l'honnêteté" et l'"outrance" des déclarations du polémiste, qui "contreviennent à la charte déontologique du groupe", selon la délibération révélée par Le Parisien.

Canal+ entend garder Eric Zemmour

Pour le comité d'éthique, notamment composé de magistrats, c'est "la conception même de cette émission" d'actualité, diffusée "quotidiennement à une heure de grande écoute", qui "doit être revue". D'une part, pour l'ouvrir "davantage à la diversité des opinions" et à la contradiction, "ce que ne permet pas son organisation actuelle autour d'un éditorialiste vedette". D'autre part, pour garantir qu'y seront "bannis les propos susceptibles de tomber sous le coup de la loi" ou "attentatoires au respect des personnes", ainsi que "les prises de position provocatrices ou délibérément contraires à la vérité".

Contactée par l'AFP, la direction du groupe Canal+, qui entend garder Eric Zemmour, a indiqué être dans "la réflexion quant à l'évolution du format", selon elle "pas remis en cause en tant que tel". "Ce qui pose problème, ce ne sont pas les opinions, c'est de tenir des propos qui sont contraires au droit", a indiqué Laurent d'Auria, du syndicat autonome +Libres, première organisation syndicale du groupe Canal+, en saluant la délibération du comité et appelant au "pluralisme".

Plusieurs plaintes ont été déposées contre le polémiste. Le parquet de Paris a décidé le 1er octobre d'ouvrir une enquête à son encontre, notamment pour "provocation à la haine raciale".

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