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En l’absence d’accord national, la gauche va devoir avancer en ordre dispersé pour les législatives

La semaine dernière, le Parti socialiste, les écologistes et le Front de gauche n’ont pas trouvé d'accord national pour des candidatures uniques visant à éviter une présence du Font national ou de l’Union pour un mouvement populaire au second tour.
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Jean-Luc Mélenchon (PG), Cécile Duflot (EELV), Martine Aubry (PS) et Pierre Laurent (PCF) (AFP PHOTO / BERTRAND LANGLOIS)

La semaine dernière, le Parti socialiste, les écologistes et le Front de gauche n'ont pas trouvé d'accord national pour des candidatures uniques visant à éviter une présence du Font national ou de l'Union pour un mouvement populaire au second tour.

Désormais, c'est chacun pour soi. Aucun accord national n'a été trouvé la semaine dernière entre le Parti socialiste (PS), Europe Ecologie - Les Verts (EELV) et le Front de gauche (FG), qui rassemble le Parti de gauche (PG) et le Parti communiste (PCF). Vendredi, les différents interlocuteurs de la négociation se renvoyaient encore la faute de cet échec.

Les discussions avaient pourtant été lancées depuis l'après-6 mai. Elles portaient essentiellement sur la présentation d'un candidat unique de gauche dès le premier tour dans les circonscriptions jugées difficiles, où la gauche risque d'être éliminée du second tour à cause du FN ou de l'UMP.

Pourquoi négocier de tels accords ?

Depuis 1967, la règle veut qu'à gauche, il y ait un désistement pour le second tour au profit du candidat de la gauche le mieux placé.

Pour se maintenir à ce second tour, il faut avoir obtenu 12,5% des inscrits ou être arrivé en deuxième position. Or, dans des circonscriptions très ancrées à droite, la gauche pourrait être incapable d'atteindre ce niveau.

Le nombre de circonscriptions jugées "difficiles" varie de 29, selon le PCF, à 90, selon EELV, tandis que les socialistes les évaluent à 55.

Le Front de gauche estimait pouvoir obtenir une candidature unique pour six circonscriptions (quatre pour le PCF et deux pour le PG), afin de transformer son score élevé au premier tour de la présidentielle (11,1%) en un groupe parlementaire à l'Assemblée nationale.

Mais les divergences de programme importantes entre le PS et le FG ont conduit le parti du président à vouloir se réserver une majorité forte au Parlement.

La négociation était donc compliquée d'emblée.

Qui reproche quoi ?

Pourquoi les négociations n'ont pas abouti alors que mercredi le Front de Gauche se disait "prêt à signer" un accord ? Il y a deux semaines, Martine Aubry assurait même que les "discussions" étaient "sur la bonne voie".

Vendredi, chacun des partis a cherché à se renvoyer la responsabilité de l'échec des négociations tout en tirant la couverture de son côté.

Dans le détail, Martine Aubry, première secrétaire du PS, a reproché au FG d'être à la source des "désaccords", le PCF et le PG ayant mené des discussions séparées. David Cormand, responsable des élections pour EELV, a critiqué lui aussi l'attitude du Front de Gauche. Lydie Benoît, responsable élections pour le PCF, a reconnu qu'il y avait eu un désaccord entre le PCF et le PG "dans la répartition des circonscriptions au sein du FG".

Le Parti de Gauche a "regretté profondément" cette absence d'accord. Mais son responsable chargé des élections, Eric Coquerel, s'est défendu en expliquant que son parti a dû faire face à un "diktat" des autres partis sur le scrutin. Dans un entretien accordé à France Soir le week-end dernier, il a accusé le PS de vouloir "être le seul parti majoritaire à l'Assemblée nationale". Selon lui, "la tentation hégémonique [du PS] ressort à la surface".

Quelle issue après cet échec ?

Finalement, aucune formation n'est parvenue à un compromis satisfaisant.

En fin de semaine, le PG a toutefois accepté de se retirer de deux circonscriptions comportant selon lui un risque d'élimination de la gauche, la 7e de Moselle et la 1ère de l'Aube, sans demander de "contrepartie".

Les partenaires ont toutefois convenu de laisser la porte ouverte à des "accords locaux".

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