Emmanuelle Cosse prend la tête des Verts sans surprise

Emmanuelle Cosse a été élue ce samedi à la tête des Verts avec 55,35% des votes. Ultra-favorite depuis le début du processus électoral, elle a sécurisé son élection en fusionnant sa liste avec une autre pour atteindre une majorité des votes militants.

(Bruno Levesque Maxppp)

Victoire attendue pour Emmanuelle Cosse : "l'outsider" devenue favorite prend les commandes du parti écologiste.

Emmanuelle Cosse avait le soutien de toutes les personnalités influentes du parti (les ministres Cécile Duflot et Pascal Canfin et les chefs de file au Sénat et à l'Assemblée). Elle avait de plus mis toutes les chances de son côté en fusionnant sa liste "Pour un cap écologiste" (38,29% des voix des militants) avec "Via écologica" (17,07%) des votes.

"Il est anormal que le même groupe dirige deux ministres, la présidence du groupe au Sénat, la présidence du groupe à l'Assemblée nationale et la direction du parti ", dénonçe Yves Cochet, candidat déçu et rélégué à l'opposition au sein du parti.

Du terrain au politique

En prenant la présidence d'EE-LV, Emmanuelle Cosse s'essaie à un genre qui n'est pas le sien. Peu connue du public, elle milite depuis 17 ans dans la société civile mais ne s'est encartée chez les Verts que depuis 2010. Avant de passer en politique, on l'a connue sur le terrain, n'hésitant pas à s'impliquer via des actions coup-de-poing.

Elle a été la première présidente hétérosexuelle et séronégative d'Act Up, une association militante de lutte contre le sida. A ses heures de gloire, l'association avait recouvert l'Obélisque de la Concorde d'un préservatif rose géant.

Présidente d'EE-LV, elle troque le terrain pour la machinerie institutionnelle du parti, les querelles internes et la prise de décision à la majorité dans un parti aux lignes internes éclatées.

Un pari audacieux, sur lequel s'accordent pourtant toutes les têtes du parti. L'urgence, pour EE-LV, est avant tout de rassembler autour de sa présidente. "Nous n'arriverons à rien (...) si nous ne sommes pas déjà nous en capacité de créer une majorité, un rassemblement stable qui permette à ce mouvement de parler d'une voix unie ", martelait Pascal Durand au congrès de Caen, peu avant le résultat de l'élection.