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Vœux d'Emmanuel Macron : les réactions politiques

Plusieurs personnalités politiques ont réagi aux vœux d'Emmanuel Macron lundi sur franceinfo. 

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Radio France
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Emmanuel Macron lors de ses vœux aux Français, le 31 décembre 2018. (MICHEL EULER / POOL / AP POOL / MAXPPP)

Lundi 31 décembre, Emmanuel Macron a adressé ses vœux aux Français pour la nouvelle année : un premier vœu de "vérité", un second de "dignité" et un troisième "d'espoir". Plusieurs personnalités politiques de tous bords ont réagi dans la soirée sur franceinfo. 

>> VIDEOS. Les cinq séquences à retenir des vœux d'Emmanuel Macron

O. Dussopt, secrétaire d'État : "Le président de la République tient ses engagements"

"Le président de la République tient ses engagements et c'est la grande différence entre lui et tous ses prédécesseurs", a réagi sur franceinfo Olivier Dussopt. "Le gouvernement précédent - je le soutenais et je le dis en assumant cette responsabilité et cette part de l'héritage - a augmenté les impôts de 30 milliards [d'euros]. Nous avons diminué les prélèvements obligatoires de manière extrêmement forte et l'ensemble des économistes s'accorde à dire que 2019 sera l'année du pouvoir d'achat", poursuit celui qui était membre du Parti socialiste jusqu'en 2017 avant de rejoindre le gouvernement d'Édouard Philippe.

"Mais un message de vœux du président de la République, dans le contexte que nous connaissons, ce n'est pas aller chercher tel ou tel détail, c'est avant tout de fixer un cap. Un cap de vérité, de dignité, qui est aussi l'ordre républicain, et l'espoir qui permet de construire, de poser des bases. Des bases ont été posées, et notamment en matière de pouvoir d'achat", estime Olivier Dussopt. 

G. Didier, député européen LR : "Nous avons entendu un conférencier"

"Ce soir, nous avons plus entendu un conférencier, debout, qu'un président de la République ancré dans la réalité et décidé à régler les problèmes qu'ils rencontrent dans leur quotidien", a réagi le député européen LR Geoffroy Didier et vice-président de la région Ile-de-France.

Geoffroy Didier affirme qu'il sera "toujours derrière le chef de l'État et les institutions de la République lorsqu'il s'agit de protéger l'ordre républicain. Mais l'ordre républicain, c'est la manifestation d'un problème", précise le député. Selon lui, ce que n'a pas abordé le président de la République, "ce sont les raisons du problème : pourquoi tant de Français ont exprimé une sympathie à l'égard des 'gilets jaunes' et pourquoi certains d'entre eux ont décidé d'enfiler un 'gilet jaune'". Le député européen évoque "la menace terroriste" qui, selon lui, a été "effleurée ce soir" par le président de la République. Sur cette question, Geoffroy Didier regrette de ne pas avoir eu "de réponse dans l'action publique qui est aujourd'hui menée".

A. Quatennens, député LFI : "Emmanuel Macron était dans la posture du donneur de leçon"

"Après avoir entendu [Emmanuel Macron], peut-être que des Français qui n'avaient pas encore enfilé un gilet jaune en 2018 seront tentés de le faire en 2019", assure Adrien Quatennens, le député La France insoumise du Nord.

Pour lui, Emmanuel Macron n'a "pas entendu la leçon qu'essaient de lui donner les 'gilets jaunes' depuis plusieurs semaines. C'était lui ce soir qui était dans la posture du donneur de leçon alors qu'on aurait pu attendre des mots d'apaisement ou des annonces plus conséquentes que celles qu'il nous a données ces dernières semaines""Il a choisi de passer un savon à ces Français mobilisés contre sa politique", déplore Adrien Quatennens, pour qui le chef de l'État "a profondément tort de considérer comme une menace ce mouvement des "gilets jaunes" alors que c'est une opportunité pour le pays. C'est une France qu'on disait résignée, qui ne voulait plus se mêler de politique, qui décide finalement de s'en mêler. Il est regrettable qu'il ait choisi cette posture de donneur de leçons plutôt que de saisir une occasion nouvelle de faire des annonces conséquentes".

O. Faure, premier secrétaire du PS : "Les vœux d'Emmanuel Macron ne sont pas à la hauteur"

Les vœux d'Emmanuel Macron "ne sont pas à la hauteur et sont sans rapport avec la crise que l'on vient de connaître", estime Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste et député PS de Seine-et-Marne. "Nous avons un président qui n'a pas répondu à l'attente des Français ni même à leurs inquiétudes. Il donne le sentiment d'avoir vécu ailleurs pendant plusieurs semaines et de prononcer des vœux qu'il aurait pu prononcer de la même façon il y a deux mois"

"Les Français voulaient des réponses aux questions qu'ils posent et ils ont eu un débat dont personne ne comprend si c'est une négociation, un débat ou un blabla", alors qu'Emmanuel Macron a annoncé qu'il écrirait aux Français "dans quelques jours". "Convoquer les Français à un débat dont il nous dit déjà qu'il a les conclusions, ça s'appelle se moquer du monde. Et je n'en vois pas l'intérêt si ce n'est de creuser encore la défiance vis à vis du monde politique qui est déjà terrible et qui nous touche tous". "Nous vivons un moment très particulier, nous avons connu une crise sans précédent qui portait principalement sur le pouvoir d'achat et ce mot n'a même pas été évoqué. C'est dire à quel point j'ai eu le sentiment d'avoir un président à la fois hors du temps et de l'espace. Un président qui décidément entend mais ne comprend pas", regrette Olivier Faure.

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