VIDEOS. "Les gens qui ne sont rien", "les illettrées" et les "costards"... Trois fois où Macron a été accusé de "mépris de classe"

"Des gens qui réussissent et d'autres qui ne sont rien." Avec cette petite phrase, prononcée devant un parterre d'entrepreneurs, Emmanuel Macron a une nouvelle fois suscité la polémique.

Emmanunel Macron, à Bruxelles (Belgique) le 23 juin 2017.
Emmanunel Macron, à Bruxelles (Belgique) le 23 juin 2017. (EMMANUEL DUNAND / AFP)

La polémique est montée sur les réseaux sociaux. En évoquant des gens "qui ne sont rien", jeudi 29 juin, Emmanuel Macron a récolté une salve de critiques venues de gauche comme de droite. Le président de la République est à nouveau accusé par certains internautes ou politiques de "mépris de classe", comme cela lui était déjà arrivé. Retour sur ces différentes déclarations.

"Des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien"

"Une gare, c'est un lieu où on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien", a lancé Emmanuel Macron lors de son discours d'inauguration de la Station F à la Halle Freyssinet, jeudi 29 juin à Paris. Ce campus dédié aux start-up est situé sur un ancien dépôt ferroviaire. 

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L'extrait, repéré et partagé sur Internet, a suscité de nombreuses critiques à gauche comme à droite. Martine Billard, secrétaire nationale du Parti de gauche, a dénoncé la "morgue de classe" du chef de l'Etat. Thierry Mariani, ex-député Les Républicains, a évoqué pour sa part le "mépris du président", tandis qu'au FN, Florian Philippot a déploré des "propos plus que honteux".

"La meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler"

Un an plus tôt, encore simple ministre de l'Economie, Emmanuel Macron avait eu un échange musclé avec deux militants de la CGT opposés à la loi Travail. "Vous n'allez pas me faire peur avec votre tee-shirt, a-t-il lancé en mai 2016, en déplacement à Lunel (Hérault). La meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler." "Depuis l'âge de 16 ans, je travaille monsieur", répond l'un d'entre eux, indigné. 

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Les internautes se sont rapidement saisis de cette sortie, en la comparant au "casse-toi pov' con" lancé par l'ancien président Nicolas Sarkozy ou au "si tu n'as pas de Rolex à 50 ans, t'as raté ta vie" du publicitaire Jacques Séguéla. A l'époque, des médias comme Libération ont évoqué une réplique "teintée de mépris de classe".

Interpellé sur Twitter, Emmanuel Macron s'est justifié de toute forme de mépris : : "Notre pays s'en sortira en permettant à chacun de travailler."

"Une majorité de femmes (...) qui sont pour beaucoup illettrées"

Lors de sa première interview comme ministre de l'Economie, Emmanuel Macron a commis un impair. Au micro d'Europe 1, le 17 septembre 2014, il parle des employées de l'abattoir de porc Gad, placé en liquidation judiciaire, et évoque la présence de nombreuses salariées "illettrées"

Il y a dans cette société (Gad), une majorité de femmes, il y en a qui sont pour beaucoup illettrées, pour beaucoup on leur explique : 'Vous n'avez plus d'avenir à Gad ou aux alentours. Allez travailler à 50 ou 60 kilomètres !' Ces gens-là n'ont pas le permis de conduire, on va leur dire quoi ?Emmanuel Macron Europe 1

Des propos maladroits qui, malgré un fond de vérité, passent très mal du côté des anciens salariés de l'abattoir. "On a eu le droit à tout, tout parti politique confondu : 'France d'en bas', 'sans-dent'. Pourquoi pas 'débile profond' ? Quand on pense que ce sont ces gens-là qui font la loi...", soupire Jean-Marc Detivelle, ancien délégué syndical FO du site de Lampaul, contacté par franceinfo. La droite s'empare du sujet, à l'image de Valérie Debord, alors déléguée générale adjointe de l'UMP, qui fustige une remarque "méprisante et blessante". 

Le ministre de l'Economie s'excuse publiquement et se rend même en Bretagne pour exprimer ses regrets auprès des employées. Les salariées, elles, en ont profité pour offrir à Emmanuel Macron un paquet de nouilles en forme de lettres, telles que celles que l'on met dans la soupe des enfants. "Je ne pense pas qu'il doit manger ça, lui. Mais c'est pour lui montrer qu'on n'a pas apprécié", explique au Télégramme Yvon Milin, qui a travaillé pendant vingt ans aux abattois Gad, avant d'être licencié.