Stéphane Bern quittera sa mission sur le patrimoine s'il n'est qu'un "cache-misère" ou "un pantin"

L'animateur, chargé d'une mission sur le patrimoine, refuse d'"être associé" à une politique "en défaveur du patrimoine".

Stéphane Bern, dans la cour de l\'Elysée, le 31 mai 2018.
Stéphane Bern, dans la cour de l'Elysée, le 31 mai 2018. (LUDOVIC MARIN / AFP)

L'animateur télé Stéphane Bern a menacé, vendredi 3 août,  de quitter à la fin de l'année la mission sur le patrimoine, que lui a confiée Emmanuel Macron s'il estimait finalement n'être qu'un "cache-misère" ou un "pantin". Dans un entretien aux titres de presse régionale du groupe Ebra, transmise à l'AFP, Stéphane Bern évoque "du bon et du moins bon" dans sa mission destinée à aider le patrimoine local en péril.

Si tout cela n'est qu'un effet d'annonce, je partirai. Je ne veux pas être un cache-misère.Stéphane Bernà la presse locale

Il se dit "satisfait d'avoir réveillé l'intérêt des Français pour cette cause", mais insiste aussi sur ses frustrations. "J'entends qu'on est prêt à mobiliser 450 millions d'euros pour rénover le Grand Palais à Paris. Et pendant ce temps, on me laisse me décarcasser pour trouver 20 millions d'euros pour le patrimoine vernaculaire des petits villages", regrette l'animateur, à quelques jours du lancement de "L'émission patrimoine", programme court diffusé sur France 2 à 20h35.

La ministre de la Culture Françoise Nyssen a immédiatement assuré de son "engagement sans faille" et de la "volonté politique" du chef de l'Etat pour la préservation du patrimoine. "Le ministère pilote 6 000 opérations de restauration chaque année, pour préserver notre patrimoine riche de 44 000 monuments historiques, ce n'est pas exactement ce qu'on peut appeler de la misère", a répondu Françoise Nyssen, interrogée par l'AFP.

Engagé pour le patrimoine "quand le président Macron n'était pas encore né"

Interrogé sur BFMTV sur le moment choisi pour s'exprimer, quelques jours après la démission de Nicolas Hulot qui a bousculé le gouvernement, Stéphane Bern a répondu qu'il n'était "pas un homme politique" et n'avait "rien à faire dans la sphère politique". Il a également refusé d'"être associé" à une politique "en défaveur du patrimoine", en référence à la loi Elan sur le logement qui, selon lui, permettra "de détruire des quartiers entiers, protégés, sous prétexte qu'ils sont vétustes et dégradés".

"Si je vois que je ne sers à rien, que je n'étais qu'un pantin et qu'on s'est servi de moi, je reviendrai à mon travail" en continuant le combat pour le patrimoine. L'animateur a enfin rappelé qu'il était engagé dans ce domaine "quand le président Macron n'était pas encore né".